‹ Frédéric OzanamChapitre 257 sur 344 · A DIEPPE, M. AMPÈRE · texte numérisé non relu

A DIEPPE, M. AMPÈRE

nombre des jours qui lui restaient encore. Ampère allait partir pour un voyage transatlantique; et Ozanam lui-même était envoyé pour le reste des vacances aux bains de mer. Aussi bien Sceaux ne lui était plus une solitude studieuse ni guérissante : « Je m'étais figuré y trouver la paix, le loisir et la santé pour tout mon monde : point. Les candidats au baccalauréat m'y relancent, leurs mamans éplorées forcent ma porte ; et la coqueluche établie chez moi ne m'y laisse de repos ni le jour ni la nuit. » Sceaux fut quitté pour un mois, et le travail de rédaction avec lui : Pendent opéra interrupta. Hélas! pourront-ils être jamais repris et achevés?...

C'est à Dieppe qu'Ozanam fut chercher la mer, au commencement d'août. Ampère y suivit ses amis, pour de là aller s'embarquer au Havre pour l'Angleterre où l'attirait l'Exposition du Palais de Cristal. Il engagea Ozanam à la visiter avec lui : « Ampère prétend, écrit l'ami, que le professeur de littérature étrangère manquerait à ses obligations s'il ne saisissait pas l'occasion d'aller saluer à si peu de frais la patrie de Shaskespeare. J'obéis donc et me laisse entraîner par lui. »

Mais ce n'était pas, on va le voir, pour y étudier et admirer les mêmes choses que les deux amis y passèrent ensemble cette quinzaine de jours. M. Ampère en écrit ainsi : « Je fis avec lui et M"^ Ozanam un petit voyage en Angleterre pour voir la Grande Exposition. Je m'enthousiasmais plus qu'il ne faisait lui-même en présence de ces merveilles de l'industrie. Nous n'avions plus aujourd'hui les mêmes admirations comme au temps où nous nous entendions si bien sur Dante et les Niebelungen. Il trouvait que j'admirais trop l'Angleterre, que j'oubliais trop les Irlandais.

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