A LONDRES. L'ANGLETERRE
louez plus cette nation de son respect pour le passé : aucune n'a poussé plus loin la haine du passé catholique. Nous avions cru, pendant vingt ans, à leur tolérance; mais le vieux préjugé protestant n'était que muselé ; les hommes d'État se réservaient de le lâcher, quand il en serait temps : et vous voyez ces fureurs ! » C'était l'époque des émeutes suscitées, à l'occasion du rétablissement des titres ecclésiastiques, contre le grand homme que les journaux anglicans croyaient flétrir enVan^^elaTiiVÉvéque des mendiants!
« Mais le catholicisme prenait une belle revanche avec le cardinal Wiseman, et avec ces deux grandes âmes, Newman et Manning, dont l'exemple multipliait les conversions au sein du clergé anglican! » Telles sont les pensée^ qu'Ozanam rapporta de sa visite à l'Université d'Oxford, berceau de cet esprit nouveau. A l'abbaye de Westminster il ne manqua pas d'aller prier devant la châsse de saint Edouard, mutilée par les iconoclastes du protestantisme. On rapporte qu'à cette vue, saisi de douleur, le pieux visiteur tomba à genoux, priant là, au mépris de cette foule d'étrangers et d'inconnus qui le prirenjt sans doute pour un insensé, et en expiation pour tout ce peuple ingrat qui méconnaît ses saints !
Ce qu'en définitive Ozanam déclare admirer sincèrement dans l'Angleterre et chez le peuple anglais, c'est son respect de la loi, son amour de son pays, la puissance colossale de son travail industriel, son fond religieux attesté par sa fidélité au repos dominical, d'un bout à l'autre du pays le plus laborieux du monde. Quant à V Exhibition du Cristal Palace, ce n'est pas dans cet édifice fragile et éphémère, une tente, qu'il ira chercher le secret de la grandeur britannique. Là, trop d'objets de luxe pour les riches,