‹ Frédéric OzanamChapitre 268 sur 344 · LES AMIS. SIC · texte numérisé non relu

LES AMIS. SIC

Quand Ozanam tomba malade à Paris, Janmot fut auprès de lui le plus assidu des amis : « Non, je n'oublierai jamais avec quel empressement d'inquiète amitié tu venais, chaque jour de cette longue maladie, tâter le puols du patient, avec un serrement de main où je sentais le cœur du camarade de collège et le frère de première communion. — Ma femme, de son côté, et tous les miens sont réjouis de te devoir le portrait d'un homme qu'ils ont la charité d'aimer. »

(( Adieu, cher ami, que l'ange des grandes inspirations tienne ta palette I Tu es si bon que tu mérites bien d'être heureux! »

C'était plus qu'un ami, c'était un frère que cet Ernest Falconnet, auquel il écrivait dès 1831 : « Oui, mon ami, nous sommes frères, frères de foi et d'études, frères d'âge et de projets, fils d'un même sang, promis à un même avenir. Et nos deux vies seront sœurs. » C'est à lui qu'il a fait confidence de ses premières impressions d'étudiant à Paris. Plus tard quand Ernest se lancera dans le monde, Frédéric aura encore le droit de lui écrire : « Le monde est une lime d'acier qui use bien des jeunes vies : ne lui donne pas la tienne. Chrétien et croyant à Dieu, à l'humanité, à la patrie, à la famille, souviens-toi qu'à eux et non pas à toi appartient ton existence; et qu'il vaudrait mille fois mieux languir durant un demisiècle, en donnant aux autres l'exemple de la résignation, en faisant un peu de bien, que de s'enivrer pendant quelques mois de bruyantes délices et de mourir dans son délire. »

Puis leur route avait bifurqué, Ernest avait pris celle qui le devait conduire plus tard à un siège de conseiller à la Cour de cassation. Les relations se détendirent sans se rompre. Mais un jour fut où, en

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