‹ Frédéric OzanamChapitre 272 sur 344 · FOI ET AMITIE · texte numérisé non relu

FOI ET AMITIE

rue le petit boiteux du pont de Waterloo, et je lui ai donné pour nous quatre. »

Ces lignes rapides, timbrées de Londres, furent les dernières que J.-J. Ampère écrivit d'Europe. La lettre suivante, 2 octobre, étaittimbrée de Montréal. Ampère préludait à cette course de trois mille lieues qu'il a racontée sous le titre : Promenade en Amérique; mais sans oublier nulle part d'écrire à Ozanam qui épuise, aie rappeler en France, toutes les grâces de son esprit et les adjurations de son amitié et de sa foi ^

Ces deux hommes, ces deux frères, ne devaient presque plus se revoir. Lorsque Ampère rentrera à Paris, Ozanam malade sera bien près d'e n partir pour n'y plus revenir 2. Il sera alors où les médecins l'ont envoyé pour guérir, s'il se peut, caru la main du Seigneur Fa touché ». Il est d'abord aux Pyrénées, aux Eaux-Bonnes, à Biarritz, et jusqu'au Pays du Cid, en Espagne. Il est, aussitôt après, pour l'hiver, sur les côtes tièdes de la Méditerranée, à Nice, à Florence, à Pise, à San-Jacopo ! Autant de stations du long Chemin

1. Son inquiétude persistait. A M. de La Villemarqué, leur ami commun, qui partageait ses craintes, il confie que « le cher voyageur l'eflraye autant qu'il l'étonné. J'ai toujours peur d'apprendre qu'il est dans quelque mauvaise bourgade, au bord des bois, avec quelque vilain mal, entre les mains d'un médecin américain. Je le vois là, sans amis, et à cent lieues d'un prêtre... Prions pour lui. Il faut que ses amis prient pour lui; et ne l'oubliez pas le soir, dans cette réunion de la famille devant Dieu, à laquelle nous prenions part l'année dernière, avec tant d'édification et de douceur ».

2. Ampère chercha encore longtemps la vérité. Quinze ans plus tard, en 1863, il écrivait à une personne amie : « Je persévérerai à chercher de bonne foi la vérité. Personne ne la désire plus sincèrement que moi, et, chaque soir, j'adresse à Dieu celte prière : Éclairezmoi. )) Il y touchait enfin quand, le 27 mars 1864, la mort le mil subitement en face de la souveraine vérité et de la miséricorde infinie. M. Guizot a raconté eft termes touchants cette fin consolante à l'Académie française.

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