‹ Frédéric OzanamChapitre 278 sur 344 · EAUX-BONNES, GAVARNIE, BETHARAM · texte numérisé non relu

EAUX-BONNES, GAVARNIE, BETHARAM

comme taillés à pic. Quand les nuages flottent audessus, ils semblent comme les draperies du sanctuaire; et, si le soleil brille, le flambeau ne paraît pas trop éclatant pour éclairer cet édifice, qu'on dirait commencé par les anges et interrompu par quelque faute des hommes. »

Au cours de « cette école buissonnière » dans les Pyrénées se place le pèlerinage au sanctuaire de Bétharam, où Ozanam est venu apporter sa prière à la Vierge au Rameau d'or : « Ce Rameau d'or, dit la légende, fut offert par une jeune fille qui tombée dans le torrent voisin, fit un vœu à Notre-Dame, et au même instant trouva sous sa main un rameau où elle s'attacha. Je me suis aussi cramponné de toutes les forces de mon âme à la branche libératrice, à celle que nous appelons la Consolatrice des affligés et le Refuge des pécheurs ! »

Mieux que des beaux lieux, Ozanam rencontra aux eaux de très belles âmes. Je ne saurais dire s'il s'en pouvait trouver de mieux assorties à la sienne que les deux jeunes prêtres de piété et de suprême distinction, dont l'un était l'abbé Perreyve, son disciple, et l'autre l'abbé Mermillod, le futur évêque d'Hébron et cardinal, alors vicaire de Notre-Dame de Genève.

L'abbé Perreyve, le fils chéri de Lacordaire et du Père Gratry, l'était aussi d'Ozanam. Lui aussi était malade, lui aussi sentait que la vie lui échappait, lui aussi en faisait l'offrande au divin Maître de la vie : et ces prévisions douloureuses et généreuses donnaient à leurs entretiens le caractère triste et doux d'un sacrifice associé : « Quand le ciel était pur, raconte l'abbé Perreyve, nous partions de bonne heure, nous acheminant vers l'une des riantes promenades

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