‹ Frédéric OzanamChapitre 284 sur 344 · VERS L'ITALIE · texte numérisé non relu

VERS L'ITALIE

tion de communier, en demandant à Dieu la guérison qui nous intéresse tous trois. Il y avait longtemps que je ne m'étais senti si touché ! »

Ce qui le toucha plus que le reste, fut une particularité qu'il racontait ainsi dans une lettre postérieure, à Lallier : « A cette époque, je me croyais guéri, et c'était moins en supplication qu'en action de grâces que j'étais allé à ce pèlerinage. Cependant, sans vouloir rien mêler de surnaturel à ce qui me touche, j'avoue qu'une circonstance m'avait beaucoup frappé. Je m'étais confessé à un saint prêtre qui dessert la chapelle de Notre-Dame, et dont la simplicité, l'extrême charité, me rappelaient tout à fait notre Vincent de Paul. Or cet homme de Dieu, dans l'exhortation qu'il me fit, ne me parla que de souffrances à recevoir patiemment, de résignation, de soumission à la volonté de Dieu, quelque sévère qu'elle fdt!... Un tel langage m'étonnait un peu, quand je me sentais mieux portant. » C'était dans le confessionnal de la petite église ; et le prêtre ne savait rien de !a personne de son pénitent qu'il n'avait jamais vu ^ (( Toutefois, au retour même de Buglosse, j'éprouvai déjà quelque indisposition, qu'aggravèrent encore les visites d'adieux que je dus faire à Bayonne. Je retombai dans mes faiblesses. » Il était temps de partir.

Dans les premiers de décembre, Ozanam se mit en route, par le courrier qui le conduisit rapidement à Toulouse, où saint Thomas d'Aquin et les conférences l'arrêtèrent deux jours : « Notre bonne petite

1. Je suis biea incliné à penser que ce saint prêtre n'était autre que l'abbé Cestac, qui alors y entreprenait la construction du nouveau sanctuaire dont parle Ozanam ; que j'y retrouvai après son achèvement, en 1862; avec qui je passai là une demi-journée de grande édiriciition; et à qui on attribuait des lumières surnaturelles pour la conduite des âmes.

Société de Saint-Vincent de Paul ne chôme nulle part », écrit-il. lien fut de même à Montpellier : « Ainsi va se faisant l'œuvre de Dieu, au milieu de& vicissitudes humaines. » A Marseille les attendait M"^ Soulacroix qui se joignit à eux pour le reste du voyage, au terme duquel elle devait se rendre à Rome où se trouvait son fils : « Ainsi, je mets fin à l'isolement de ma femme, et je rapproche des cœurs qui saignaient de se sentir séparés ! »

Marseille lui fit trouver «les délices de Gapoue »„ dans l'hospitalité de M. et M"^^ Magagnos, proches parents des Soulacroix. Il y eut grande table et réunion patriarcale, en la fête de Noël. Ce même jour il s'était assis à une autre et divine Table : « Ainsi avonsnous passé cette fête ensemble, écrit-il à son frère. Pendant que j 'étais là, au pied du saint au tel, j'ai beaucoup prié pour vous. Vous me le rendiez de votre côté; et, vos bonnes prières aidant, vous verrez que nous ferons un bon voyage. Nous partons demain pour Toulouse où nous serons en cinq heures. Nous nous mettons sous la protection de Notre-Dame de la Garde à qui nous avons fait notre visite, l'autre jour.

Ce qu'on remarquait d'Ozanam tous ces jours-là, c'était sa gaieté; il en jouissait le premier : « Vraiment, écrît-il, Dieu a exaucé la demande que je lui faisais : Redde mihi laetitiam salutaris tui. »

Toulon l'enthousiasma par sa grandeur navale : (( L'escadre de la Méditerranée était là réunie pour nous recevoir. Nous avons visité le géant de la flotte, le Valmy, de cent trente canons, monté par onze cents hommes. Je n'ai rien vu de plus imposant que ce géant mobile qui porte tant de foudres obéissantes et de courages disciplinés. » Par contre, Toulon le fatigua. Il parle d'enflure des pieds, de spasmes fré-

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