‹ Frédéric OzanamChapitre 287 sur 344 · EN ITALIE. — FLORENCE · texte numérisé non relu

EN ITALIE. — FLORENCE

siastique leur prêtait sa protection, les religieux la recommandaient, les laïques fervents s'y enrôlaient. »

Mais, à Florence, comme àPise, comme à Livourne, la Société n'avait pas obtenu l'autorisation du grandduc de Toscane qui la tenait pour suspecte de libéralisme ; et la froideur qu'il montrait au petit groupe naissant glaçait l'éclosion de l'œuvre dans son germe. L'arrivée d'Ozanam à Pise réveilla l'espérance. Son livre de Dante et sa pkilosophie, traduit plusieurs fois en italien, avait naturalisé l'auteur et popularisé son nom, peut-être plus qu'aucun écrivain français, dans cette mère patrie de son héros. La Grande-Duchesse ne le pouvait ignorer. Une de ses dames d'honneur était la mère du jeune chanoine Guido Palagi, le saint prêtre qui avait mis toute l'ardeur de son prosélytisme au service et au recrutement de la charitable association.

Il y avait peu de jours qu'Ozanam était arrivé, quand on lui fit savoir que la Grande-Duchesse mère se trouvant de passage à Pise, désirait le voir et l'entretenir dans la soirée. « Il avait la fièvre ce jour-là, rapporte M. Gornudet, une oppression violente, une enflure de tout le corps. Vainement ceux qui l'entouraient s'opposaient à cette visite : « Je sens, répondit-il, que je suis bien mal ; mais c'est sans doute le dernier service que je rendrai à la Société de Saint- Vincent de Paul. Elle m'a fait trop de bien pour que je ne tente pas la dernière chose que je puis pour elle, si Dieu m'en donne la force. » La Grande-Duchesse, femme de foi et de cœur, le reçut avec une bonté et une distinction marquée ; mais elle ne lui cacha pas les fortes préventions du duc contre la société en général, et la conférence de Florence en particulier, la tenant comme une sorte de Camarilla politique,

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