‹ Frédéric OzanamChapitre 303 sur 344 · LIVOURNE, SAN-JACOPO · texte numérisé non relu

LIVOURNE, SAN-JACOPO

aux mérites des Frères Mineurs qui travaillent et prient partout le monde; ce n'est pas le moins touchant de mes titres ! »

Par contre, dans le même temps et dans la même lettre, il déclarait renoncer définitivement à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, à laquelle les amis le déclaraient préparé et désigné. Il répondit à M. Ampère : « Dans ce moment si solennel où toutes les questions de mon avenir sont suspendues à la grande question de ma santé, quand je demande à Dieu de me laisser vivre pour ma femme et mon enfant, n'y aurait-il pas une sorte de témérité à demander ce superflu, pour la satisfaction de l'amour-propre littéraire? »

Deux mois « d'accointance avec la mer » s'étaient ainsi passés, et Ozanam pouvait écrire, reconnaissant : (( J'ai eu le plaisir de reprendre peu à peu la facilite de vivre. Je fais sans fatigue de longues promenades; je passe les matinées sur les écueils à contempler les vagues dont je connais maintenant tous les jeux. Les forces reviennent lentement, mais je devais m'y attendre après une si longue crise. Assurément si juillet et août, qui passent pour de grands médecins, veulent bien me traiter, je serai guéri cet automne. »

Le lendemain de cette lettre, 23 juin, était le douzième anniversaire de son mariage. Assis devant le spectacle de la mer semée de voiles, Ozanam écrivit pour sa femme ces vers d'une grâce si pure et si tendre, inspirés par la foi, l'espérance et l'amour, ces trois muses chrétiennes :

Sur l'Écueil de San-Jacopo, 23 juin 1853.

Sur un écueil lointain, notre nef échouée Attend le flot sauveur qui la ramène au port;

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