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CONFERENCE A SIENNE

des Tolomei où notre jeune rejeton croissant sous votre main, à l'ombre, ne courra pas le danger d'une publicité prématurée?

« Vous avez des enfants riches. 0 mon Père, l'utile leçon pour fortifier les cœurs amollis, le bienfaisant spectacle que de leur montrer Notre-Seigneur Jésus-Christ, non seulement dans des images peintes par les plus grands maîtres, et sur des autels éclatants d'or et de lumière ; mais dans la personne et la souffrance des pauvres ! Nous avons souvent parlé ensemble de la faiblesse, de la nullité des hommes, même chrétiens, dans la noblesse de France et d'Italie. Mais je m'assure qu'ils sont ainsi, parce qu'une chose a manqué à leur éducation. Il y a une chose qu'on ne leur a point enseignée, une chose qu'ils ne connaissent que de nom, et qu'il faut avoir vu souffrir aux autres pour apprendre à la souffrir soi-même, quand elle viendra tôt ou tard. Cette chose c'est la douleur, c'est la privation, c'est le besoin... Il faut que ces jeunes seigneurs sachent ce qu'est la faim, la soif, le déQuement d'un grenier. Il faut qu'ils voient des misérables, des enfants malades, des enfants en pleurs. Il faut qu'ils les voient et qu'ils les aiment. Or cette vue réveillera quelque battement dans leur cœur, sinon cette génération est perdue ! Mais il ne faut jamais croire à lamort d'une jeune âme chrétienne. Elle n'est pas morte, mais elle dort! »

Après cela Ozanam en vient aux voies et moyens de l'œuvre. Il envoie à « son cher et respectable ami » le Bulletin de la Société, une instruction pour la formation des Conférences des collèges, l'adaptation du règlement à leur condition spéciale, la visite des pauvres par petites escouades, accompagnées d'un maitre, etc. « De toutes leurs bonnes actions, une part

viendra s'ajouter à la couronne que Dieu prépare au Père Pandola; mais qu'il lui donnera, j'espère, le plus tard possible. »

Ici, Gros- Jean s'excuse de prêcher son curé : « Non, mon Père, je np vous prêche pas; c'est votre exemple, c'est votre conversation, c'est votre charité qui me prêche, qui me dit d'avoir confiance en vous, et de remettre cette œuvre entre vos mains. »

Or, cette lettre était datée du 19 juillet, fête de Saint- Vincent de Paul. La réponse ne se fit pas attendre. Dès le lendemain, Ozanam recevait ces trois lignes, brèves comme une dépêche; c'était un bulletin de victoire : « Mon cher ami, j'ai fondé deux conférences, l'une dans mon collège, l'autre dans la ville, le jour même de la fête de Saint- Vincent de Paul.

Le même jour, à Paris, et en la même fête de Saint- Vincent de Paul, dans l'Assemblée générale annuelle de la Société, le vice-président, M. Cornudet, chargé de porter la parole, demanda à la remplacer par la lecture d'une lettre qu'il venait de recevoir d'Ozanam, son collègue. « Cette lettre, dit-il, contient les détails les plus attachants et les plus édifiants sur un certain nombre de conférences d'Italie que notre cher vice-président a eu le bonheur de visiter en ces derniers jours. » Elle fut écoutée avec attendrissement.

Elle se termine ainsi : « Loin de trouver dans ces accroissements un sujet d'orgueil, mes chers Confrères, nous y prendrons l'occasion de nous humilier. Le gazon des champs se propage rapidement; il ne cesse pourtant pas d'être petit; et, parce qu'il couvre beaucoup de terre, il ne dit pas : « Je suis le chêne ! » Nous aussi, en devenant nombreux, nous continuerons d'être petits et faibles ; et nous ne songerons

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