DEUX CONFÉRENCES
pas à nous comparer aux institutions que Dieu a fait croître dans l'Église comme de gré^nds arbres, pour y donner de l'ombre et des fruits. Soyons humbles. Je m'aperçois tous les jours, en Italie comme en France, que nos conférences finissent par vaincre les préventions et les difficultés. Tout le monde s'arme contre une œuvre nouvelle qui annonce de grands desseins. Mais quel mal peut-on vouloir à des hommes obscurs r^ui n'ont pas d'autres prétentions que de porter un peu de pain et de consolation dans un petit nombre de greniers? Puisse Dieu nous conserver dans cette simplicité de nos commencements; et saint Vincent de Paul, à ce caractère, nous reconnaîtra pour ses disciples.
(( Adieu, Messieurs et chers Confrères; je me recommande à vos prières, dont j'ai toujours grand besoin. «
Qu'on s'en souvienne : c'avait été au service de son œuvre de vérité qu'à sa dernière leçon en Sorbonne, Ozanam haletant était venu immoler ses dernières forces : « Quant à moi, Messieurs, si je meurs, ce sera à votre service!... » C'est pareillement au service de son œuvre de charité qu'aujourd'hui, à Livourne, à Sienne, il vient expirant exhaler ces derniers accents de ses lèvres. « Se dévouer jusqu'au martyre! » avait écrit le jeune apôtre, à vingt ans.
L'Antignano donna encore au malade quelques bonnes journées. Jusqu'à la fm de juillet, Ozanam put encore aller, chaque soir, se promener au bord de la mer, s'asseyant sur les rochers pour contempler, se reposer, respirer. Tous les matins, il se rendait à pas lents, pour la messe, à l'église qui était proche. C'était une pauvre église, enclavée dans l'enceinte fortifiée qui autrefois l'avait protégée contre les descentes des