‹ Frédéric OzanamChapitre 31 sur 344 · L'ORTHODOXIE SACREE · texte numérisé non relu

L'ORTHODOXIE SACREE

était portée par lui jusqu'au scrupule. Et il eût sacrifié ses opinions les plus chères, et déchiré sans hésiter ses pages les plus éloquentes, plutôt que d*y souffrir une proposition, non seulement erronée, mais hasardée et suspecte. Il marchait couvert sous le bouclier de l'orthodoxie. Telle fut la règle de toute sa vie. »

On était mieux fondé autour de lui à lui objecter l'immensité désespérante de son programme d'étude : « Il nous paraissait trop vaste pour ne pas dépasser les forces et la durée d'une vie d'homme. L'esprit y aura dépensé, épuisé toute sa sève en recherches sans fin, avant d'avoir pu en produire les fruits. »

C'était vrai. Mais, avec le temps, et grâce à l'expérience, le champ d'études illimité qu'embrasse à dixhuit ans l'œil ardent du jeune conscrit de l'Apologétique, saura forcément se circonscrire. Au lieu de l'ancien Orient et du berceau du genre humain, c'est la barbarie de l'Europe du Nord domptée par l'Évangile qui lui révélera les origines de la civilisation chrétienne. Mais « si l'étude a dû restreindre son objet, écrit J.-J. Ampère, l'idée directrice demeure la même : à savoir la démonstration et la glorification de la religion par l'histoire. Ainsi, à dix-huit ans, l'écolier de la veille poursuivait déjà le grand but vers lequel le professeur applaudi devait vingt ans après faire le dernier pas. Il s'en souviendra alors, et mélancoliquement, il écrira, en tête de sa première leçon en Sorbonne : « La vie s'avance cependant, il faut saisir le peu qui reste des rayons de la jeunesse. Il est temps d'écrire et de tenir à Dieu mes promesses de mes dix-huit ans. »

Telles étaient les hautes préoccupations qui, dans la vie de Frédéric, venaient faire une nécessaire diversion aux inaimables et interminables entretiens

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