LES PRESAGES
de rÉtude avec le premier cierc, desquels il ne retirait pas beaucoup plus de profit que de plaisir. Entre temps^ sa biographie par son frère nous représente alors un jeune homme d'apparence et de mise modestes, allant et venant de sa maison de la rue Pisay, encore subsistante, marchant distrait et comme absorbé par une pensée unique qui lui ôtait le sentiment de tout le reste. Parfois il feuilletait vivement un volume dont il dévorait les pages, pressant le pas, se heurtant aux obstacles et aux personnes placées sur son passage; et puis humblement leur demandant pardon avec une confusion touchante, en s'excusant sur sa pauvre vue, qu'il avait en effet très basse. Pour lui, le temps n'était pas seulement d'argent, il était d'or.
. Telle fut la préparation virile, religieuse, intellectuelle et morale, d'une première jeunesse qui déjà promet l'ouvrier au moins égal à son œuvre, en l'élevant bien au-dessus du niveau des jeunesses mondaines : au-dessus de leurs frivolités et de leurs voluptés : au-dessus de la poussière comme au-dessus des fanges; en élevant sa conscience dans la pureté, son cœur dans la piété et dans la charité; et le trempant ainsi pour les premiers combats et les premières conquêtes où nous allons le suivre.