‹ Frédéric OzanamChapitre 312 sur 344 · RETOUR EN FRANCE · texte numérisé non relu

RETOUR EN FRANCE

effort : « Voilà un voyage terminé; je vais en faire un autre, mais je le ferai tranquille. Maintenant que je vous ai remis notre Amélie, Dieu fera de moi ce qu'il voudra. »

Il eût encore désiré de revoir Paris ; mais ce vœu ne put être exaucé. Aussitôt arrivé dans la maison que ses parents de Marseille lui avaient préparée, il se coucha, et ce fut pour ne plus se relever. Les confrères de Saint-Vincent de Paul se portèrent vers lui, le cœur plein de respect et de tristesse : il ne put les recevoir, mais il s'y montra sensible. « Maintenant qu'il avait touché la terre de ses aïeux et de ses travaux, écrit Lacordaire, il paraissait ne plus souffrir. Toute trace d'appréhension avait disparu; un calme qui n'était ni celui de la vie ni celui de la mort s'était répandu dans sa personne, et rien n'égalait la sérénité de son âme, comme celle de ses traits. Il parlait rarement, mais il s'unissait encore à ceux qu'il aimait par une pression de main, par un signe ou un sourire qui le faisaient comprendre. Sentant sa fin venir, lui-même demanda les derniers sacrements. Gomme le prêtre qui l'assistait l'excitait à se confier sans crainte à la bonté de Dieu : « Eh ! comment le craindrais-je? répondit-il, je l'aime tant! »

Il reçut avec une ferveur extraordinaire la sainte communion. Après ce grand acte. M™' Ozanam s'approcha de lui; et, la main dans la main l'un de l'autre, ils firent devant Dieu le sacrifice, l'une de son mari, l'autre de sa vie.

Le 8 septembre, fête de la Nativité de la Sainte Vierge, étaitlevé.Danslamatinéedece saint jouraucun indice de la fin n'avait alarmé son entourage. Mais le soir, vers sept heures et demie, laresiDiration devint laborieuse et moins régulière. A un moment, on le

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