‹ Frédéric OzanamChapitre 42 sur 344 · UN SAINT PRÊTRE · texte numérisé non relu

UN SAINT PRÊTRE

Sa sainteté et son union continuelle à Dieu lui avaient mérité des lumières surnaturelles pour la connaissance et la direction des âmes, dans lesquelles il semblait lire. Il en dissipait les ombres et les illusions, pour y laisser la lumière, la paix et la joie du cœur. C'était bien le prêtre qu'il fallait à Ozanam, de qui la délicatesse de conscience était souvent une source de peines intérieures que révèlent ses lettres.

C'était donc à M. Marduel qu'en quittant Lyon, Frédéric avait été adressé par ses parents et par l'abbé Ozanam, qui naguère s'était lui-même mis sous cette conduite. « On ne sera pas étonné, rappelle celuici, des progrès que le jeune étudiant fit à cette pieuse et douce école. Sa juste confiance et déférence aux conseils de cette intelligente sagesse, les lumières divines qu'il en recueillait, le feu sacré qu'il y allumait, le firent triompher, avec la grâce de Dieu, dans le combat intérieur de la vérité et de la vertu. Sous sa conduite, on vit ce bien-aimé frère, au sein de ses nombreux travaux, donner chaque jour un temps assez considérable à la méditation et à la prière. »

Il ne pouvait plus se passer des secours puissants que ce prêtre lui procurait dans le fréquent usage des sacrements. En mai 1833, M. Marduel s'étant absenté pour un séjour d'un petit mois, à Lyon, Frédéric se plaint à sa mère de la longueur de cette absence qui laisse son moral dans le désarroi et la perplexité. « C'est le seul conseiller intime que j'aie ici, le seul dont la sagesse et la bonté puissent à la fois me tenir lieu de père et de mère. Il a dû revenir ce soir, et je compte le voir demain; car comme je suis peu jaloux de faire de nouvelles connaissances, je suis demeuré

tout ce temps abandonné à mon humeur et aux capriées de mon imagination. »

Puis cette conclusion, qui est un hommage rendu à l'efficacité de la confession : « En vérité, s'il y a parmi les protestants quelques jeunes gens de bonne foi, éclairés et religieux, je les plains bien de manquer d'une ressource dont ma jeunesse a tant besoin; et sans laquelle je serais complètement gâté, ou consumé de mélancolie. »

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