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CHAPITRE IV

LES AMIS. — PROTESTATIONS A LA SORBONNE. — PÉTITION POUR LES CONFÉRENCES A NOTRE-DAME. — M^"" DE QUELEN. — SOUSCRIPTION A LUNIVERSITÉ CATHOUQUE DE LOUVAIN.

Nous sommes encore dans l'année 1832, la première du séjour d'Ozanam à Paris. Le groupement de la jeunesse catholique que nous avons vu se faire autour de certains centres d'attraction, tels que la maison d'études de M. Bailly, ou le salon littéraire et politique de M. de Montalembert, ou les conférences de l'École de Droit, commence alors à distinguer, dans ses propres rangs, quelqu'un d'une grande attirance de cœur plus encore que d'esprit et de parole, qui, sans que lui-même ni personne y pense et le veuille, se trouve être le camarade qu'on écoute, le modèle qu'on imite et le guide qu'on suit.

Ozanam n'avait pas le prestige de la beauté, ni celui du grand air et de l'autorité. C'était la naturelle attraction de la bonté dans la simplicité, qui lui valait les sympathies. C'était ensuite sa haute distinction d'intelligence et l'accent de son cœur qui les

lui attachait à jamais. Il portait dans toute sa personne cet air de rêverie distraite que donne Fhabitude des méditations intérieures. Ce n'était pas de la sauvagerie toutefois : il avait l'humeur douce ; il se plaisait en riante compagnie ; et on l'entendait dire « qu'il n'avait pas de plus mauvaise société que lui-même ». Sincèrement humble, il ne se mettait point en avant. Il n'avait qu'à se laisser voir inconsciemment et sincèrement lui-même, pour inspirer à des âmes honnêtes le désir de le connaître, et déjà le besoin de l'approcher. Ainsi lui furent conquis ses premiers amis, à Paris.

Le premier noyau en fut naturellement formé de jeunes étudiants lyonnais que le compatriotisme unissait entre eux, non moins que les sentiments religieux apportés de leurs bonnes familles. — Ozanam nomme souvent Henri Pessonneaux, l'aiTectueux cousin qui, ne pouvant se passer de lui, n'hésitait pas chaque soir à traverser Paris à pied, de la rue de Courcelles à la Montagne Sainte-Geneviève, pour venir constater un instant que Frédéric allait bien ; après quoi aussitôt il reprenait discrètement le chemin de sa demeure, afin de ne pas interrompre le travail de ce studieux. — Lyonnais aussi était le peintre Janmot, ami d'enfance d'Ozanam, et son compagnon de première communion. Il n'en avait rien oublié. Élève très distingué de M. Ingres, esprit charmant, très cultivé, son àme d'artiste, mais d'artiste chrétien, était éprise de la Beauté divine qu'il adorait. — Lyonnais aussi M. Velay, alors à l'École polytechnique. Ozanam ne le vit pas sans douleur quitter Paris pour son stage à l'École du génie de Metz où il luiécrivait : « Nous n'entendrons donc plus ton pas militaire dans l'es-

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