XII PRÉFACE
que je me tiens pour redevable, quoique diversement, à tous; parce que tous aussi sont unanimes dans le témoignage de leur vénération et admiration pour cette éminente supériorité de vertu, anticipant ainsi sur le culte religieux que déjà, comme nous, ils lui décernent dans leurs cœurs.
Cependant, il m'a bien fallu reconnaître que ces excellents travaux, biographies, notices, articles et souvenirs, études détachées, bons à consulter, n'étaient toutefois que des esquisses et que l'histoire complète d'Ozanam restait encore à faire. Si, comme le prêtre l'avait dit auprès de son tombeau, si chez lui l'homme extérieur, l'homme de science, l'écrivain a laissé un nom illustre; si même l'homme de bien, l'homme d'oeuvres a laissé une mémoire universellement bénie, d'autre part l'homme intime, Thomme moral et religieux, l'homme de Dieu enfin n'a pas encore été présenté au public, comme il mérite de l'être. C'est donc cette histoire, celle de son âme, et quelle âme ! que le temps est venu de faire sortir naturellement de chacun et de l'ensemble des actes d'une vie qu'elle anima de son grand souffle. Or, cette âme, nous l'avons encore vivante dans sa parole : Ozanam l'a laissée immortelle dans ses ouvrages et dans ses lettres. Et si son histoire intime est encore à écrire, elle n'est plus à chercher; en réalité elle existe en puissance, en substance : nous la trouverons là.
Nous trouverons Ozanam intime, d'abord dans ses écrits qui furent faits de ses leçons. L'âme d'Ozanam ne s'abstrait ni ne se désintéresse nulle part des choses de son enseignement. Il y demeure luimême par toutes ses facultés de juger, d'admirer ou de réprouver, de bénir ou de haïr. Il en ressort par les belles moralités qu'il en tire, par les instructions