‹ Frédéric OzanamChapitre 57 sur 344 · L'APOSTOLAT PAR LA PRESSE · texte numérisé non relu

L'APOSTOLAT PAR LA PRESSE

mort! » Il y a dix-huit siècles que nos oreilles tintent de cette oraison funèbre. Cette prétendue mort, on en faisait déjà une objection aux Apôtres. Eux aussi s'entendirent traiter d'agonisants, quasi morientes. Et eux aussi n'ont pas répondu : ils ont conquis le monde. »

Avec l'apostolat de la parole, le jeune homme faisait marcher de pair celui de la plume, dans la presse. La presse catholique n'était alors représentée que par quelques modestes unités. Le clergé ne connaissait guère que VAmi de la Religion et du Roi — qui n'était plus aujourd'hui que VAmi de la Religion tout court, — lorsqu'en 1832 M. Bailly avait osé dresser, sinon en face du moins à côté de lui, La Tribune , Gazette du Clergé. C'était une feuille moins ancien régime, faisant profession de placer « au-dessus des opinions politiques variables et passagères, les intérêts de l'Église; largement ouverte aux idées du progrès par le christianisme; sympathique à l'alliance de la science et de la foi; répudiant le gallicanisme avec l'absolutisme; et résolument fermée aux procédés agressifs et aux polémiques amères. » Ainsi portait son Article-Programme. C'est là que collaborait Frédéric Ozanam.

C'est là que, par exemple, en 1833, il écrivait au sujet d'un ouvrage de linguistique hébraïque : « Vous verrez que finalement toute vérité rationnelle aboutira à la vérité religieuse. Notre tâche personnelle est plus humble sans doute. Les vérités scientifiques sont trop éparses et trop confuses pour qu'un homme se lève seul et les rassemble, comme un troupeau dispersé ; et, les poussant devant lui, les ramène au bercail. C'est à chacune d'elles, une à une, qu'il nous faut d'abord imprimer la direction chrétienne. »

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