‹ Frédéric OzanamChapitre 59 sur 344 · L'ÉLITE MILITANTE · texte numérisé non relu

L'ÉLITE MILITANTE

de cœur envers les dissidents humiliés ou réconciliés, lui était une force conquérante ! C'en était une autre que la meilleure instruction religieuse et le plus grand zèle d'apostolat dont il donne l'exemple à ses amis. Elle leur constitue sur leurs adversaires une supériorité qu'il constate en ces termes : « Gomme les catholiques y sont égaux en nombre à ceux qui ne le sont pas; et que, d'un autre côté, ils y apportent plus de connaissance, d'ardeur, de zèle et d'assiduité, c'est toujours en leur faveur que la victoire se décide. »

Puis leur union faisait leur force : « Entre nous franche et intime cordialité : une sorte de fraternité ! Avec les autres toujours bienveillance et politesse. Nous sommes surtout une dizaine, unis plus étroitement par les liens de l'esprit et du cœur, espèce de chevalerie littéraire, amis dévoués et sincères qui s'ouvrent leur âme pour se dire tour à tour leurs joies, leurs espérances, leurs tristesses. »

Ozanam a retracé de leur intimité, à la fois sérieuse et joyeuse, cet aimable et vivant tableau, souvent cité : « Quelquefois, lorsque l'air était plus pur et la brise plus douce, aux rayons de la lune qui glissaient sur le dôme majestueux du Panthéon, le sergent de ville, l'œil inquiet, a pu voir six ou huit jeunes hommes, les bras entrelacés, se promener de longues heures sur la place solitaire. Leur front était serein, leur démarche paisible, leurs paroles pleines d'enthousiasme, de sensibilité, de consolation. Ils se disaient bien des choses de la terre et du ciel ; ils se racontaient bien des pensées généreuses, bien des souvenirs pieux : ils parlaient de Dieu, puis de leurs pères; puis aussi de leurs amis restés au foyer domestique, puis de leur patrie, puis de l'humanité. Le Parisien stupide qui les coudoyait en courant à ses plaisirs, ne comprenait

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