‹ Frédéric OzanamChapitre 61 sur 344 · L'AMI DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

L'AMI DE LA RELIGION

la faire monter au Capitole : « Qu'auprès d'elle nulle intelligence ne se prévale de ses découvertes, concluait-il en substance, et que Ton n'espère pas dépasser le christianisme. Jésus-Christ, comme Colomb, a découvert un nouveau monde intellectuel. Les découvertes que l'on pourrait faire ensuite n'aboutiraient qu'à décrire quelques petites îles circonvoisines du monde révélé. »

Cependant, en ces mêmes jours, au même lieu, il était arrivé qu'un confrère, le jeune Élie de Kertanguy, avait cru devoir se porter à la rescousse du « Croyant », en reproduisant à la petite tribune certaines de ses déclamations contre la politique oppressive du pape et des rois. Or Kertanguy était le secrétaire de Lamennais duquel son mariage allait le faire le neveu! Ozanam, qui lui répondit, mit tout son esprit délicat à récuser le panégyriste à ce double titre qui le disqualifiait dans l'espèce. Il lui fit retirer ses regrettables paroles, et déclarer que celles-ci n'engageaient que lui seul.

VAmi de la Religion, généralisant, n'en prit pas moins à partie la conférence en bloc, et en particulier celui de ses membres qui en était le vice-président et notoirement le chef. « Tout ce qui se disait et s'écrivait là n'était qu'un ramassis « d'assertions habituellement bazardées, fausses, bizarres ». Puis, sur un autre ton : « On en comprendra le péril, dans les circonstances présentes. On verra par ces détails, à quel point déjeunes esprits se laissent prévenir en faveur de théories et de systèmes dont il faut espérer que la réflexion et l'expérience les détacheront peu à peu. »

C'était un avertissement et une dénonciation.

Ozanam l'ignorait encore quand lui arriva une lettre désolée, repentante, non de l'auteur de l'ar-

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