LA CONTRADICTION
ticle, mais de celui qui, en faisant à ce dernier un résumé incomplet et partial du discours d'Ozanam, avait fourni, sans le vouloir, la matière et le prétexte à cette méchante page. C'était un jeune royaliste passionné, du nom de Cartier; lequel maintenant inconsolable de la peine qu'allait en ressentir Ozanam qu'il aimait, venait en trois pages lui confesser sa faute et en implorer le pardon. C'est à l'honneur d'Ozanam qu'allait tourner l'incident. La réponse à Cartier, récemment retrouvée, est un modèle de cordialité et de généreuse dignité. Je la donne en partie :
« Monsieur, je vous remercie de la loyale conduite que vous avez tenue à mon égard, en me prévenant de l'article inséré contre moi dans VAmi de la Religion. L'imprudence que vous pouviez avoir commise est plus que réparée par l'aveu amical que vous m'en faites.
« Nous sommes jeunes. Monsieur, et comme tels exposés à de pareilles fautes. Mais nous sommes chrétiens aussi, et comme tels nous nous en devons le pardon et l'oubli, quand surtout elles procèdent d'un manquement involontaire. Votre démarche envers moi mérite de ma part reconnaissance : elle vous assure de plus mon estime, et me fait désirer votre amitié.
« Ainsi, je vous promets de ne point parler à la conférence de cette affaire qui me peine vivement, ou si, par quelque motif, je me vois forcé d'en parler, je vous promets de le faire de manière à ce que rien ne puisse blesser votre délicatesse.
<( Il pourra se faire. Monsieur, que nous ne partagions point les mêmes doctrines politiques. Mais toujours nous serons d'accord sur les maximes inébranlables de la religion et de la charité. Puissent les relations que vient d'établir entre nous cette