‹ Frédéric OzanamChapitre 69 sur 344 · SAINTETÉ ET CHARITÉ · texte numérisé non relu

SAINTETÉ ET CHARITÉ

C'était à son divin service en personne qu'ils s'engageaient dans cette œuvre.

Tout était générosité et désintéressement dans leurs dispositions. Le règlement de l'ex-société des Bonnes Études faisait prendre à ses membres l'engagement de s'entr'aider à faire leur carrière dans le monde. Par contre, la jeune Conférence de la Charité stipula que nul ne devrait se servir de la société dans un intérêt personnel quelconque. L'oubli de soi devait correspondre au don complet de soi.

La ressource de la charité fut d'abord presque uniquement la quête faite en séance. Les confrères eurent un jour la surprise de trouver dans la bourse quelques écus inespérés. C'était M. Bailly qui avait trouvé cette discrète manière de rémunérer la collaboration gratuite que plusieurs apportaient à la Tribune catholique, Gazette du Clergé, son journal. C'était donc du fruit de leur travail qu'ils nourrissaient le pauvre !

Ou y joignait la prière, celle pour les indigents, celle pour les bienfaiteurs, celle pour les confrères; les uns et les autres placés sous le patronage de saint Vincent de Paul. Son nom y fut invoqué, même avant que la société en etit fait le sien propre.

Aussi bien était-ce aux Filles de la Charité de Saint- Vincent de Paul que la Conférence avait eu recours pour entrer en contact avec les malheureux. Le trésorier de la Conférence, Jules Devaux, avait été député rue del'Épée-de-Bois auprès delà célèbre sœur Rosalie, si populaire dans le XIP arrondissement, d'où sa charité débordait sur Paris tout entier. Heureuse d'associer à son ministère les jeunes gens de bonne volonté qui venaient la consulter, elle reçut Devaux avec une bonté maternelle, encouragea l'œuvre des jeunes apôtres, leur donna des conseils utiles, dressa

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