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LYON : LE CHOLERA

répondre à l'invasion du mal par des émeutes et des violences, une foule religieuse assiégeait Notre-Dame de Fourvière et s'agenouillait en plein air sur le parvis de l'église pour chanter des cantiques de douleur. »

Il ajoute maintenant: «Enfin Dieu a une seconde fois glorifié sa sainte Mère et consolé notre pauvre ville ; une seconde fois, la main qui menaçait de frapper s'est ouverte pour bénir. Le nom de Notre-Dame de Fourvière n'excite plus un sourire sur les lèvres de l'impie, qui ne peut se défendre de penser qu'à sa protection peut-être il doit sa vie. »

Tout le temps des vacances se ressentit de cet état de choses. « La crainte du choléra a glacé les esprits, écrit-il à Paris. On reste isolé et sauvage : point de dîners d'amis, point de parties de campagne. » Ozanam s'en consola d'abord par un voyage qui était aussi un pèlerinage à de grands et saints lieux; puis, le reste du temps, par un travail d'étude et de composition duquel allait sortir son premier bel écrit d'histoire et littérature religieuse : telles furent ses vacances de 1835.

, Le seul événement qui les marqua fut donc une excursion dans le Dauphiné, dont il visita les plus beaux sites avec son frère prêtre, « son ange gardien » , comme il le nomme ! Elle fut couronnée par l'ascension du massif de la Chartreuse et le séjour de deux jours et une nuit au grand monastère. Je passe les descriptions enthousiastes qu'il fait de « ces hauteurs sans mesure et de ces abîmes sans fond », traces et débris de bouleversements gigantesques où son esprit trouve un symbole plus grand que le spectacle même : « Désordre effrayant et magnifiques soulèvements pour atteindre le ciel; efforts impuissants mais toujours

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