‹ Frédéric OzanamChapitre 98 sur 344 · LYON : L'APOLOGISTE · texte numérisé non relu

LYON : L'APOLOGISTE

immolé pour le droit chrétien : « Depuis six cents ans, cent millions de catholiques environnent de respect et d'amour la mémoire de cet évéque d'un autre âge. Et lorsque, dans les supplications solennelles, nous répétons la longue litanie de nos saints, alors, ô Thomas de Cantorbéryî vous aussi nous vous invoquons, et nous vous saluons du plus beau nom qui soit dans la langue des hommes : nous vous saluons Martyr! »

Lorsque, au printemps de l'année suivante, M. de Coux, ancien rédacteur de la Revue Européenne, présenta en volume ce premier livre de son jeune collaborateur, il se défendit d'abord de trop louer quelqu'un qui le touchait de si près : « Mais, ajoutet-il, nous avons le droit de dire que l'on trouvera ici de consciencieuses études, une instruction puisée aux sources, et un sentiment profond de la vérité chrétienne. C'en est assez, croyons-nous, pour assurer toutes les sympathies du public choisi auquel nous nous adressons, au jeune écrivain qui veut se dévouer à la grave et laborieuse carrière de défenseur de la religion, et qui engage au service de la cause catholique tout ce qu'il a d'âme et de talent. »

C'était plus d'éloge que n'en voulait Ozanam. Quand, ayant terminé son œuvre, ill'avait regardée, il l'avait trouvée petite, en la comparant à une œuvre de charité que, près de lui, accomplissait en même temps Paul de la Perrière ; et il s'était dit, confus, qu'une bonne action valait mieux qu'un bon livre. Il écrivit alors : « Pendant que moi, je me traînais sur ces pauvres pages, de la Perrière, lui, a fait achever une église dans le faubourg qu'il habite, et l'a fait bénir. Il a procuré de la sorte le bienfait de l'instruction religieuse et du saint sacri-

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