‹ Frédéric OzanamChapitre 7 sur 42 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

Pour cette entreprise il ne fallait pas un médiocre courage. Parlez-moi de la persécution ouverte et révoltante ; l'homme se raidit contre elle et trouve dans son indignation • un aliment pour sa verve ! Facit indignatio versum.

Mais l'indifférence, pire que le dénigrement ; la conspiration du silence, pire que la critique la plus acerbe ; le dédain subtil et ironique ; les douches froides d'une pitié méprisante qui semblent tomber de haut sur votre enthousiasme ; ce sont là des obstacles que les âmes les plus généreuses se décident difficilement à braver. Dans une telle lutte, il semble que les armes tombent de vos mains avant que vous n'ayez songé à vous en servir, ou bien, le plus souvent, vous vous escrimez dans le vide, et bientôt, las et dégoûté, vous ne savez plus que faire.

Lorsque Ozanam dans ses premières leçons se fit le défenseur avoué du catholicisme, il y eut avec l'étonnement que l'on éprouva dans le monde universitaire une certaine curiosité sympathique qu'expliquent la jeunesse du professeur, son courage et son talent. Il eut bientôt conquis l'admiration de ses adversaires, l'amitié même de plusieurs d'entre eux. Son biographe reproduit un petit billet qui lui fit grand plaisir, car il lui prouvait que tout en faisant son devoir de professeur, il avait ramené une âme dans le bon chemin, " Je n'étais pas chrétien, lui disaiton, j'espère le devenir grâce à vos leçons. "

C'est le privilège de la littérature d'embrasser toutes les connaissances humaines et de pouvoir relier ensemble la théologie, la philosophie, l'histoire, Part et toutes les sciences. Professeur de littérature étrangère, Ozanam no se fit pas faute d'exploiter toutes ces ressources. Le temps n'est plus où les cours de litté-

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