‹ Frédéric Ozanam, sa vie et ses œuvres [microforme]Chapitre 19 sur 65 · FEES · texte numérisé non relu

FEES

“sœur, ma fille et mon fils dinent avec moi, ça sera * pour vous une société agréable, Qu'en pensez-vous ? ”

C'est ainsi qu'Ozanam devint Phôte et le commensal de M. Ampère, et son fils continua l'amitié qui, malgré la différence d'âge, lunissait à cet homme célèbre,

Le jeune étudiant que la Providence lui avait envoyéaidait souvent M. Ampère dans son travail, et ils passaient bien des heures ensemble à causer, à lire différents ouvrages, et même à faire des vers latins. En même tenmips qu'Ozanam ne pouvait trouver rien de plus intéressant que la conversation de son hôte, il ne pouvait non plus rencontrer rien de plus édifiant que la vie embellie par la foi de ce célèbre mathématicien, Le trait suivant rapporté par M. l'abbé Ozanam peint bien la solide piété de ces deux amis: Un “jour, accablé par le décovragement, qui était sa “tentation habituelle, Frédéric Ozanam entra dans “l'Eglise de Kaint-Etienne-du-Mont, pour répandre

devant le Seigneur son âme désolée; il venait puiser aux pieds des saints autels, le courage qui lui manquait, et que ne refuse jamais Celui qui a dit: * Venez à moi, vous tous qui travaillez, et qui pliez sous le fardeau de la vie et je vous soulagerai.”? Mais voilà que dans un coin retiré, parmi les BONNES

FEMMES, un homme agenouillé priait dans un pro- “fond recueïillement...... Ozanam l'avait reconnu; “c'était M, Ampère. Ozanam contemplant l’illustra- “tion de toute une époque, prosternée devant Dieu, se

prit à rougir de sa lâcheté, et la foi dont s'honorait # l’immortel génie d'Ampère, vint raffermir son cou- “yage ébranlé, consoler sa tristesse ; il sortit tout “renouvelé.”

Cette première année de séjour à Paris, se passa au milieu des études et des traductions nécessaires pour continuer son travail, sans cependant abandonner l'étude et les cours de droit dont il devait passer les premiers examens.

Il traduisit un opuscule allemand sur la religion du Thibet, et poursuivit ses études de l'hébreu et du sanserit. Outre les cours de droit il suivait de plus les cours d'économie politique de M. De Coux. Il lisait les ouvrages de M. Ballanche, son compatriote et passait de longues heures dans les bibliothèques qui lui étaient ouvertes, surtout dans celle de l'Institut que M. Ampère lui avait rendue accessible.

Chez son aimable hôte et protecteur, il rencontrait plusieurs hommes éminents dont cette maison était le rendez-vous et il alla lui-même faire visite aux sommités de l’époque. C’est ainsi qu'il alla voir M. de Chateaubriand qui le reçut avec une extrême bonté.

Dans le cours de cette même année, il eut occasion de donner des preuves de son grand dévouement et de son infatigable charité pendant le choléra qui sévissait alors dans plusieurs quartiers de la capitale. Il eut la consolation de se rendre utile à plusieurs personnes sans être atteint lui-même par cette terrible

maladie.

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