‹ Frédérick-Lemaître et son temps, 1800-1876 (volume 2)Chapitre 10 sur 28 · MM · texte numérisé non relu

MM

DUBUISSON, jeuDO et Hche provincial DUBOURJAL.

Alfred DE BELCOURT, avocat. . . Chéri.

Cécile BELMONT, jeune veuve.. M»* Ybanxaz.

SAINT-ERNEST, peintre Jollt.

GUSTAVE, poëte Gilbert.

DE L'ÉCROU, concierge Baron.

M"»« DE L'ÉCROU M«« Palmyre.

GASPARD, porte-clefs Chol.

La scène se psisst à Saiote-Pélagie*

On lit au bas du titre de départ :

Vu au mînislhre de Vinténeur, conformément à la déci" sion de S. Exe., en date de ce jour,

Paris» le 8 mars 1826.

Par ordre de Son Excellence,

Le chef du bureau des théâtres^

Coupa RT.

Le théâtre représente un salon assez richement décoré. Lélégance des meubles contraste avec les barreaux qui annoncent que F on est dans une prison.

Cécile Delraont, jeune veuve, est sur le point d épouser M. Alfred de Belcourt, avocat, un jeune homme charmant, qui doit aller loin dans la carrière diplomatique, puisqu'il a déjà fait son droit et deux vaudevilles aux Variétés.

Mais Alfred est un jeune écervelé,etsi Cécile ne lui est pas indifférente, les danseuses ont encore pour lui un attrait dangereux.

Aussi, afin de prévenir une traîtrise, Cécile a-t-elle chargé une personne de confiance de se rendre maîtresse de certaine lettre de change grâce à laquelle elle Ta fait mettre en prison, sous le nom de son frère. De cette façon elle pourra venir l'étudier^ se rendre compte si son amant n'a été qu'égaré ou si elle doit le fuir pour toujours. C'est ce qu'elle fait en pénétrant à Sainte-Pélagie, sous les habits d'un homme, grâce à la complaisance de Mme de L'Écrou, la concierge, une tendre amie de son enfance. Cécile est évidemment obligée, aux

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yeux de M. de TEcrou, qui n'est pas dans la confidence, de se faire passer pour un nouveau prisonnier. C'est ainsi qu'elle arrive dans le salon de la pistole, où elle se trouve en compagnie de joyeux fous parmi lescpiels son Alfred et M. Dubuisson, le prisonnier amateur, celui auquel le père de Cécile la destinait précisément.

M. Dubuisson, provincial désireux de connaître à fond son monde parisien, est venu à Parjs achever son éduoettion. Quoique trèsriche, il H fait des dpttes pour se mettre à la mode et s'est fait arrêter par M. de TÉcrou luiipême, auquel il paye largement cette complaisance, afin de devenir tout à coup un jeune homme comme il faut.

— Il faut tout voir, s'écrie- t-il dans \iïi accès de lyrisme, et si vous étiez observ£\teur ! Ah ! j'ai un drôle de caractère.

AIR de Ketly.

Aimant la gaîté.

Détestant la mélancolif ,

Toujours excité Par le plaisir et la beauté,

Enrégimenté

FRKPÉlUCM-EMAlTRi:. 7.)

Sous les drapeaux de \^ folie,

Fidèle à sa loi, moi, Je suis heureux comme, un rof.

Aussi du bonheiiv J'ai trouvé la source (écondQ.

J'ai bieu, par m^lheuip, Le caractère un peu raiUç\ir.

En observateur Souvent je visite le n^onde;

Et j'ai, sur. ma foi, En tous lieux fait parler do (^oi.

Volage, inconstant, Cédant à mon moindre caprice,

Vif, extravagant, Mais toujours sage cependant.

Vivre indépendant, Pour moi, ç'e^t yraiment ^^ dé\ice,

Déjà dans Paris J'en ai, je crois, beaucoup apprit.

Pour apprécier Le noble, l'élégant du monde;

Pour étudier Et l'artiste et le roturier;

Pour m'initier Et chez la brune et chez la blond^^

J'ai BU, tour à tour, Jouer, boire, faire l'amour.

Bravant leur courroux J*-9l subji:\g^^ plus d'une b.ell^i

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Narguant les jaloux, J'ai fait sauter grilles, verroux.

Pour moi, voyez-vous, Plaire n'est qu'une bagatelle;

Partout je séduis; Quand j'entreprends, je réussis.

Franc, original.

Très-souvent un rienmlntéresse;

J'admire, au total, Tout autant le bien que le mal.

Joyeux, libéral, Ma liberté, c'est ma maîtresse ;

Je suis, voyez- vous. . .

ALFRED, r interrompant.

Assez, mon cher... épargnez-nous.

DUBuissoN, continuant.

Bref, pour arriver A contenter ma Oantaisie, Pour mieux observer, Pour achever De m'élever; Pour me préserver De vivre jamais sans folie,

Je viens en prison Pour me conformer au bon ton.

Alfred a bientôt reconnu Cécile Belmont, aux genoux de laquelle il se jette* Mais voici

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l'heure de rentrer. M. de rÉcrou veut faire ceucher le nouveau venu dans la chambre de Dubuisson. Alfred, emporté par la jalousie, cherche querelle au prisonnier amateur qui, afin de pouvoir vider la question sur le terrain, consent non-seulement à payer ses dettes, mais encore celles de son adversaire et de ses camarades. On le prend au mot, il paye et sort.. . pour assister au mariage d'Alfred et de sa future.

La pièce est amusante et bien menée. Outre le rondeau que nous avons cité, il y a des couplets de facture assez joliment tournés.

Témoin celui-ci, par exemple, adressé par Cécile à Alfred.

AIR I El Je fat heurouse au villêgc.

Les mauvais sujets, entre nous, Pour plaire ont un bonheur étrange ; Mais s'ils font bien les billets doux, Ils signent des lettres de change.

Las de nous captiver, dît-on, Les vainqueurs, cachant leurs bannières, Se font enfin mettre en prison, Pour faire moins de prisonnières.

Lî\ troisième pièce de Frederick, qui fut re-

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