Comparer avec le livret, fin du 2® actp, page
La scène représente « un rendez-vous de chasse à l'entrée de la forêt. A droite, le pavillon des bois, habitation du forestier. Du même côté, mais au troisième plan, un vieux tronc d'arbre, avec un banc de gazon. Près du piédestal, une table avec plume et encre dessus. » Annette, agenouillée devant la statue, chante :
Longtemps voilé par un nuage, On voit enfin l'astre des cieux, etc....
Dans la scène parlée, elle ne dit rien du rêve que raconte Agathe et dont la rieuse Annette donne l'explication (Voir p. i66;. Pour distraire sa cousine, Nancy lui dit une histoire « que Jeannette lui a contée. » Le récit des frayeurs de la défunte est assez bien traduit, sauf que le nom de la servante Margareth est changé en Marton ^ et celui du chien Néro en Pluton-. Dans ['allegro à 6 8 en m/ bémol, le traducteur brise le rythme en liant les vers :
Jouissons des biens de la vie, Profitons de nos jeunes ans 1
Excepté le refrain, il le respecte mieux dans le Lied du Jungfernkran{. mais on ne peut davantage s'éloigner du texte allemand :
1. Cette servante joue de malheur avec les traducteurs : Sauvage l'appelle Marton; Schlesinger, Isabelle: Pacini la remplace par deux valets : Pierre, Alain; Trianon et Durdillv lui rendent son nom, Marguerite.
2. Même observation pour le chien Nero. C'était le nom du chien de Weber. Caslil-Blaze l'appelle Pluton ; Schlesinger, César ; Hassell-Rongé, Médor.
Wir iriii.icn Jir .len Jtingfcrn- De son h3"men. en ce beau jour.
Mit veikhcnbljuer SeiJe. [kranz On prépare la fête.
Wir J'ûhren dich zu Spiel und Portons nos vœux et notre amour
[Tanz A notre aimable Annette:
Zu Gliick und Lietesfreude ! De nos mains accepte cette fleur:
Schôner, gn'iner (bis) Jungfeni- Qu'elle soit le gage du bonheur ! VeilchentLiuerSeide (bis), [kranz.
Les autres strophes diffèrent tout autant du te.\te original.
Quand les jeunes filles sont parties, arrive Richard, qui se préoccupe de faire signer à Tony sa promesse. Il chante ici l'air en re de Kaspar, mais le sens des vers est dénaturé sans aucune raison. Survient Tony qui demande à Richard: — Tu as eu trois balles, cette nuit? Tu ne m'en as donné qu'une. Où sont les autres?
Richard : — La balle d'argent est dans ma carabine et j'ai chargé le pistolet avec la troisième, celle de plomb.
Tojiy : — Donne-moi ta carabine (En effet, il a déjà employé la balle qu'il avait à tuer un sanglier qui menaçait la vie de son oncle, Reynold;. Richard lui tend le parchemin à signer en échange. Tony refuse.
Les chasseurs reviennent de la chasse. Ils rapportent un sanglier sur un brancard et chantent le choeur : Chasseur diligent. Dans l'original, chaque strophe est formée d'un huitain de vers de onze et douze syllabes; les auteurs les ont coupés en douze vers de cinq syllabes chacun dans lesquels la prosodie est assez mal observée et le sens violé :
Beim Kl.inf;e der Ilôrncr im Griinen zu liciien. Den Uirscli zu rcrfolg-eii durcit Dickiclil und Teicli,
48 FREISCIIUTZ
Ist fnrstlic/te Freiide, isl miinnlich Verlangen, Es starket die Glieder iiiui wiirzet das Mj/iI. IT't'H» Wiilder inid Felseit uns liallend umfangen, Tëiitfreier und freitd'ger der voile Pokal 1 lo ho'. Dr.ilalalaLx 1 etc..
Chasseur diligent.
Quelle ardeur te dévore T-* Tu pars dès l'aurore, Toujours content.
L'effroi te devance, Ton coup est certain.
La douce espérance, Te guide en chemin.
O peine cruelle!
Tu quittes ta belle, -ALais le soir près d'elle, L'amour te verra, etc..
On a vu plus haut que le rôle du Prince avait été supprimé. A sa place, c'est Reynold et l'intendant de lord Wentworth, personnage muet, qui paraissent. Le premier est tout attendri à la pensée que son futur gendre lui a sauvé la vie. « Hier, dit-il, je craignais de compromettre le bonheur de ma fille; mais à présent je m'engage à unir Annette au vainqueur., bien certain que ce sera Tony. » L'épreuve du tir est ouverte à tous, et Richard doit se mettre sur les rangs. Appelé le premier, il tire et abat la colombe. Il épousera donc la fille de Reynold. Tony prend le pistolet pour se tuer. Nancy se précipite afin de détourner le coup; Lî balle va frapper Richard, ^ qui est au fond et entraîne Annette. » Stupeur générale. On dépose Annette évanouie sur le banc, sous la statue, Richard sur l'autre banc, au pied de l'arbre.
Comme \q finale du second acte, celui du troisième fut un des morceaux les plus défigurés parles arran-
geurs. Ils avaient supprimé l'intervention de Runo, celle d'Ottokar; en revanche, ils introduisirent dans la partition un chœur récitant.
Ciel ! Richard, ta victime Echappe à tes traits.
Descends dans l'abime, Tu vas pour jamais Trouver le prix de tes forfaits.
Puis Reynold proclame que :
Tony n'eut point de part Aux noirs enchantements du perfide Richard'.
Aux premiers mots que Tony dit pour sa justification, le coupable est pardonné. Le rôle de l'Ermite avait été supprimé, et sa belle phrase religieuse : Doc/i, jet^t, erhebt noch eure Blicke ^u dem. der Sc/iut!^ der Unschuld war! (Elevez vos regards vers Celui qui fut le soutien de l'innocence!) remplacée par ces deux vers :
Ton repentir désarme ma colère I
Viens, cher Tony, vient embrasser ton père!
Cette phrase de Reynold conduit à l'ensemble final, qui d'un acte de confiance en Dieu, devient un souhait de bonheur :
Prés d'un époux et d'un tendre père, Tu vas enfin retrouver le bonheur.
.Maintenant que la donnée àe Robin des Bots est connue, passons au récit de la première représentation à rOdéon. Th. Sauvage en a tracé un résumé fidèle que j'abrège '.