Voir la traduction. Livret, pages 1 iO
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des rimes féminines. Sans même avoir la partition sous les yeux, on pressent ce qui peut résulter dans la musique de ces violations de la prosodie. Mais ce qui confond, c'est l'inintelligence de ces arrangeurs à qui le bercement: Leise. leise ne fait pas sentir, à défaut même du sens des mots : Weise, Lied, que cette prière est un hymne, et qui, des élans pieux d'Agathe, font une invocation à la Lune, protectrice des amants.
La suite est plus proche du sens. Toutefois: Trauter Freicnd,woji>eiIestdu? {Cherami, où t'attardes- tu?) devient: « Seul, l'amour d'Annette veille (!), » puis, sur ces mots : Doch wie?tauschtmich nichtmein Ohr? au lieu de se demander si son oreille ne l'abuse pas, Annette s'écrie: « Le cerf s'éloigne épouvanté (!). » Wallegro, au lieu d'exprimer son impatience fébrile, elle affirme :
Sur son front je vois le gage Du triomphe et du bonheur.
Le dialogue à l'arrivée de Tony est abrégé et un peu modifié. Annette recommande au jeune homme, s'il échoue à l'épreuve du tir, de ne pas écouter les conseils du désespoir. Et Tony lui répond : « Comment te voir passer dans les bras d'un autre? Mylord le veut et ton père y a consenti: le vainqueur du tir sera ton époux. » Remarquer ici la profonde altération infligée au poème: Kind exige seulement, conformément à la tradition (voir le livret, page 117) que le candidat à la fonction de forestier héréditaire, fils ou gendre du titulaire, fasse un tir d'épreuve, Probeschuss. S'il ne réussit pas, il est éliminé. Th. Sauvage va plus loin;
il fait de l'épreuve du tir un concours ouvert à tous les tireurs. On verra plus loin ce qui en résulte au dénouement.
An nette proteste que son père ne la torcera pas. Tony se rassure, et les amoureux de chanter un duo {allegro en z/f majeur) tiré delà partition d'£'î/Ayan//îe: « Non, plus d'alarmes! »
Nancy, qui s'était discrètement retirée, revient. Elle apprend à Annette que Tony a manqué la cible. Ecoutant aux portes, elle a entendu « un monsieur dire à son oncle Reynold: — C'est moi qui, ce soir, ai atteint le but, je suis sûr d'être aussi heureux demain, j'ai des marques certaines. Votre fille sera ma femme! » etc. Elle a vu, par le trou de la serrure, «un grand homme, d'une figure belle, si l'on veut, mais d'un regard singulier et effrayant, enveloppé d'un grand manteau noir, et sur son chapeau flottait une grande plume de vautour, tenez! comme vous en avez une maintenant. » Tony prend subitement son parti. — Où vas-tu? lui demande Annette. — Aux ruines de Saint-Dunstan.
Dans le Trio, la partie de Tony n'a presque aucun rapport, quant aux paroles, avec ce que chante Max. Sur le vers : Doch sïuidigt der wer Gott versucht {mdÂs c'est pécher que tenter Dieu !) Castil-Blaze fait dire à \nnexte: Hélas! mes pleurs pourront-ils l'arrêter? Dans la partie de Nancy, le sens n'est pas mieux respecté. Elle débite des paroles quelconques sur: Willsi du den Himmel obserriren? Les derniers mots de Tony sont ;
Laisse-moi partir, RicharJ m'alten J '.
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Max, au contraire, ne prononce pas le nom de Kaspar; il invoque comme prétexte la nécessité de rapporter un cerf seize-cors qu'il a tué au crépuscule (voir page 147).
Chayigement de tableau: du décor de la Gorge au Loup, les auteurs ont conservé le torrent traversé par un tronc d'arbre, mais ils introduisent dans le site. « à gauche, les ruines d'un édifice gothique ; au deuxième plan, dans une ogive et sur un piédestal, une statue de grandeur naturelle. » Ils imaginent en outre des modifications plus graves: d'abord, au lieu du chœur mystérieux coupé par les Uhui de la partition, les Esprits invisibles chantent ces vers :
Le sang de sa mère Rougit la bruyère.
Et la fiancée, D"un froid mortel glacée, Descendra dans la tombe avant la fin du jour.
La scène entre Richard et Robin est à peu près semblable au dialogue entre Kaspar et Samiel, sauf qu'il lui demande trois balles et non sept. Mais les auteurs la font suivre d'un monologue de Richard qui nous révèle un crime de ce scélérat.
« Mon pauvre frère! C'est elle.... Et pourtant je ne voulais pas. J'attendais le receveur de Duncaster. Savais-je qu'il l'accompagnerait? Enfin, je recueillis son héritage. L'argent de la recette fut à moi. ÎNlaisces richesses s'écoulèrent avec rapidité. Elles semblaient fuir mes mains homicides.... N'importe, j'en renouvellerai la source, à quelque prix que ce soit. »
Arrive Tony; sa mère et sa fiancée lui apparaissent. Avant de procéder à la fonte des balles, Richard dit
à Tony : « Dans un moment d'oubli dont je ne suis pas à me repentir aujourd'hui., j'ai souscrit un engagement.... Le créancier est pressé et très pressant. Peux-tu me servir de caution pour avoir un délai?» Et il lui demande sa signature.
La fonte des balles est réduite à trois; au lieu du programme fantastique tracé par Kind : approche des oiseau.x de nuit, course furieuse d'un sanglier, roues de feu jetant des étincelles, les auteurs se contentent de faire souffler la tempête et passer dans la forêt des animaux bizarres.... Ils conservent le chœur de la Chasse infernale, mais avec des paroles qui s'éloignent beaucoup du texte allemand si énergiquement rythmé :
Durc/i Berg uit.i TliaUdui-ch Scliliind und Scli.icht, Durch Thau und Wolken, Stiinn und Nacht ! Durch Hëhle, Suinpf und Erdcnkliift'.
Durch Feuer. Erde, See und Luft!
Jolio! \V.iu)vau : ho ! ho '. etc.
Il va venir, le Grand Chasseur, Qui porte en tous lieux la terreur.
Robin des Bois,
Entends nos voix!
Viens nous guider au fond des bois !
La foudre tombe sur la statue, elle se brise, et à sa place paraît le Chasseur Noir. Il descend et tend à Richard un parchemin rouge. Richard veut faire signer Tony, que l'ouragan a précipité à terre et lui offre des balles magiques ; mais Tony se sau\e « poursuivi par les démons *. »
Au troisième acte, les auteurs ont fait l'économ.ie du premier tableau, celui de la chambre d'Agathe.