Numéro du 13 juin 1S
2. Mémoires de H. Berlioz, chap. li. Wagner lui-même reconnaît la discrélion dont Berlioz avait fait preuve, mais il déclare que ses récitatifs étaient incommensurablement ennuyeux, et plus encore par la manière dont ils furent chantés.
3. Camille Saint-Saëns, article sur Freischûtz dans Harmonie et Mélodie. « La grande difficulté, en pareil cas, est de bien amener les morceaux de la partition, de façon à les faire valoir, tout en évitant qu'ils ne fassent tache par une opposition trop violente. Cette difficulté a été vaincue à merveille, et pourtant le talent de Berlioz, si pnmesautier, ne semblait guère devoir se plier à une semblable tâche; mais l'amour fait des miracles, et Berlioz était amoureux de la parution de Weber. »
lioz n'avait donc pas le droit de mettre en récitatifs le dialogue de Kind^ pas plus que Gevaërt et Bourgault- Ducoudray n'avaient celui d'introduire des récits composés par eux dans Fidelio de Beethoven et Joseph de Méhul.
Ces compositeurs étaient de taille à écrire une opéra séria sans parlé. S'ils ont admis le dialogue entre leurs morceaux, ils ont eu pour cela des raisons dont la postérité n'est pas juge. Aussi Ernest Reyer se rencontrait-il, en 1866, avec R. Wagner lorsque, rappelant la collaboration de Berlioz, il exprimait l'avis que l'on aurait mieux fait, à l'Opéra, de braver les règlements- en laissant à l'œuvre « sa forme prbnitive, qui est une partie essentielle de son origiyialiié^. » Et vingt-cinq ans auparavant. Th. Gautier, nullement hostile à Berlioz cependant, tout en félicitant les auteurs de leurs bonnes intentions, écrivait la phrase admirable reproduite en épigraphe au début de cette notice, et digne d'être proposée aux méditations de tous les directeurs de théâtres lyriques.
Dans la scène de la Gorge au Loup, Berlioz n'osa pas
1. Th. Gautier exprimait le même avis : « Le Freischûlz n'est qu'un opéra-comique; il a fallu de nombreuses interpolations de récitatifs pour l'ajuster dans le cadre gigantesque de l'Académie royale de musique. » D'après lui, il eût mieux valu rendre cet hommage à Weber avec un autre de ses ouvrages, Oheron ou Preciosa. Le bon Gautier oubliait qu'il y a du parlé dans Obcron et que Prccio::':i n'est qu'une partition d'inlerm.èdes et de mélodrames écrite par Weber pour une comédie.
2. Journal (les Débals du IG décembre 18G6. En novembre, il venait de succéder à d'Ortigue.