‹ FreischützChapitre 27 sur 69 · Voici le détail des accessoires commandés · texte numérisé non relu

Voici le détail des accessoires commandés

Outre l'aigle du premier acte, un sanglier de carton '40 francs), six corbeaux de carton à 10 francs (60 francs^ six chauves-souris à 8 francs (48 francs», deux crapauds volants (20 francs), un hibou (1.5 francs), un cerf i50 francs^ 11 n'est pas question de lion, de loup, ni d'ours. Il y avait aussi « dix têtes de morts garnies de bougies à l'intérieur et un couteau de chasse dont la lame s'enflamme en la dégainant (35 francs). »

2. J'ai relevé sur un registre des Archives de l'Opéra intitulé : Honoraires des auteurs (années 1841-1842'! les dates des représentations de Freischûtz (7, 1), 11, 16, 18, 21, 25 juin, 5, 21 juillet, 13 août, 10 et 29 septembre, 10 et 25 octobre 1841; la quinzième eut lieu le 19 janvier et la

Aucune part n'était faite aux héritiers de Weber, mort depuis quinze ans seulement et que notre législation sur la propriété artistique ne protégeait pas encore. J'imagine que si, lors de son voyage en Allemagne, Berlioz, pendant son séjour à Dresde, en février 1848, n'alla pas saluer la veuve de Weber, c'est qu'il devait en ressentir vis-à-vis d'elle quelque embarras.

Dans l'interv^alle, une troupe allemande vint, au printemps de 1842, représenter au théâtre Ventadour le Freischiit^ original et textuel, avec cette distribution : Max, Winterberger ; Kaspar, Poeck; Ottokar, Barth; Kuno, Emmerich; Agathe, Mlle VValcker; Annette, Mme Schumann. Si les deux chanteuses étaient bonnes, l'orchestre fut jugé mauvais'. Pour la première représentation, le 23 avril, on donna Freischût^ : le 28, on joua Jessonda de Spohr; le 3 mai, Une nuit à Gj-enade de C. Kreutzer et. le 23, Fidelio de Beethoven. L'insuccès tut lamentable.

Freischût^ avait déjà paru sur quatre théiltres parisiens : rOdéon, le Théâtre italien, l'Opéra-Comique

seizième le 7 février 1842) et les chiffres des sommes qui revenaient à Berlioz. A 233 fr. 34 par soirée, ces seize représentations forment un total de 3.733 fr. 14. Une lettre à sa sœur Adèle, du 6 octobre 1841, publiée dans la liovue de Paris du 15 mars l'JOG, confirme que « le Frelscliùlz se joue encore de temps à autre et lui rapporte 230 francs par soirée. » Voir aussi le livre de M. Ad. Boschot sur Berlioz, tome II, chap. x.

1. Gazette musicale d'avril-mai 1842. Histoire du théâtre Ventadour, par Octave Fouque.

92 FREfSCHUTZ

et rOpéra. Le Théâtre-Lyrique ne pouvait manquer de s'en emparer. Emile Perrin se souvint des succès de la version Castil-Blaze et monta Robin des Bois. Cette reprise eut lieu le 24 janvier i855. Th. Sauvage assure' qu'à cette occasion, il désirait rendre à la pièce son titre véritable. Perrin jugea cette restauration inopportune'-. On rétablit la localité allemande, mais en conservant aux personnages leurs noms anglais : Reynold, Tony, Dick, Nancy, etc.... Singulier amalgame! La pièce fut revisée; « on ne négligea que ce que \\'eber avait lui-même supprimé comme inutile ou indigne de lui. »

Son œuvre avait pour interprètes un assez bon ténor, Bonneau de Lagrave; Marchot (Richard), qui « sentait la province » et transposait la chanson à boire; Mme Deligne-Lauters (Agathe), douée d'une voix superbe, mais encore mal disciplinée; Mlle Girard, qui joua très finement le rôle de Nancy. L'acteur Junca faisait un Robin des Bois de belle prestance, terrifiant sous son manteau rouget Une mise en scène « étudiée, savante, splendide » contribua à attirer le public.

Mais la fidélité de Perrin à la routine fut blâmée dans la presse. Le Freischiit^ de l'Opéra avait accoutumé les musiciens à plus de respect envers le chef-d'œuvre. \\'eber était déjà en voie de devenir classique. Le succès de cette reprise fraya la voie à ses autres ouvrages

Page 1