‹ FreischützChapitre 33 sur 69 · Numéro du 18 janvier · texte numérisé non relu

Numéro du 18 janvier

bien de fois la presse eut-elle l'occasion de l'infliger aux artistes des différentes scènes qui représentèrent Freischûty, et surtout aux cantatrices chargées du rôle d'Agathe M Mme Carvalho elle-même n'en fut pas indemme-, et Mme Fidès-Devriès se voyait reprocher par M. Ad. JuUien, en 1878, « aux deux reprises de Vayidanie de l'air en mi, d'arriver au repos à la dominante par la dièse et non par ut dièse et, de plus, de terminer cet adagio par un grupetio mirifique ^

Un grupetto ? C'était peu de chose auprès de ce que toléraient ou réclamaient les dilettanti, corrompus à cette époque par les vicieuses habitudes des chanteurs virtuoses! Comme si ce n'était pas assez de ce que la fantaisie des interprètes pouvait introduire dans un opéra, un professeur de chant ne s'avisa-t-il pas d'ériger en dogme cet usage de corriger le texte musical, de l'enjoliver de toutes sortes de traits, de vocalises et de cocottes plus ridicules les unes que les autres! Il prétendait même s'appuyer sur l'opinion de Weber qu'il aurait eu l'occasion de voir en 1826a son passage à Paris. Il a l'aplomb de soutenir qu'après le récit d'Agathe relatif au chant du rossignol, le compositeur n'aurait pas manqué de faire entendre le brillant ramage de l'oiseau s'il n'avait eu soin de s'en rappor-

1. En 1855, Berlioz accusait Mlle Lauters de faire d'affreux non-sens et contresens dans le grand air d'Agathe, d'abîmer la prière du troisième acte où elle introduisait « des notes basses, d'horribles vocalisations. » {Journal dptt Débats du 2(5 janvier 1855.)

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