Gazelle musicale du 25 mai
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ter à l'initiative de rexécutant'. Il publie une série de spécimens de vocalises destinées à embellir toutes les chutes de phrases. Les virtuoses n'avaient donc que l'embarras du choix !
Et le professeur discute avec une minutie plaisante la prononciation et la diction de chaque phrase du récit ou du chant, sans se douter que les vers de Castil- Blaze sont le plus souvent en contradiction avec le sens exact des paroles allemandes.
Le plus singulier, c'est que cet opuscule obtint l'approbation du rapporteur de l'Académie des Beaux- Arts et les éloges des journalistes. H se trouva cependant quelques critiques de bon sens pour réprouver ces théories dangereuses.
A cette époque, les compositeurs étaient encore livrés sans défense aux fantaisies vocales de leurs interprètes. Le wagnérisme aura eu au moins ce résultat de mettre un terme aux caprices du chanteur et de diminuer très sensiblement son importance dans la réalisation d'un drame lyrique.
Noyé sur la scène de l'Académie nationale de musique, le Freischut{, ce drame intime entre gens du peuple, paysans et gardes forestiers, n'a jamais séduit l'es abonnés, à qui il faut des seigneurs habillés de velours et de satin, des princesses suivies de pages, et des hérauts, ou tout au moins des héros.
1. Stephen de la Madelaine : Eludes pratiques su/' le ■slyle vocal. Leçon sur un air du Freischûlz, 1 br. in-8, Paris, 1866, Albanel, rééditée en 1868 dans un ouvrage en 2 volumes.
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Du reste, avec l'acoustique défectueuse de l'Opéra', surtout depuis que le plancher de l'orchestre a été abaissé pour les drames wagnériens, l'instrumentation de Weber sonne mal dans la salle. En dehors de l'ouverture qui ne manque jamais son effet, où qu'elle soit jouée, la partition paraît manquer de corps. «Que devient, écrivait M.C. Saint-Saëns,la musique de Weber, si fine, si nerveuse, si délicate, au milieu de ce grand vaisseau que peuvent seules réveiller les sonorités puissantes de l'orchestre moderne-? » Weber possédait à un degré éminent le don de la couleur, mais les moyens très sobres qu'il emploie ne peuvent produire leurs effets pittoresques que dans un local assez restreint. Depuis surtout que nos oreilles sont habituées au fracas instrumentai des partitions contemporaines, son orchestration discrète % succédant aux rafales de sonorité de Tristan, de la Walkyrie et de Siegfried, le fantastique, terrifiant naguère de la Fonte des balles, ont paru impuissants à secouer les nerfs du public à la reprise d'octobre igoS.
Dans l'intervalle, une autre version de Freischiit^ avait été offerte au public par l'un des éphémères
1. Lors de l'essai de la salle Garnier, en 1874, les défauts de son acoustique pour l'orchestre se révélèrent aussilôl. On avait fait l'épreuve avec les ouvertures de la Muette et de Freischùtz. « L'orchestre a paru très sourd, » écrivait 'M. Ad. Jullien (ouvrage cité). On attribua cette mauvaise
sonorité au fait que les musiciens étaient trop encaissés en contre-bas de la scène