‹ French prose and poetry; being an advanced French reader; containing selections from the principal classical French poets and prose writers during the past two hundred years. Also a treatise upon French versification, and notes upon the selections, explanatory and criticalChapitre 128 sur 253 · A UN PÈRE SUR LA MORT DE SA FILLE · texte numérisé non relu

A UN PÈRE SUR LA MORT DE SA FILLE

Ta douleur, du Perrier,25 sera donc éternelle !

Et les tristes discours26 Que te met en l'esprit l'amitié paternelle

L'augmenteront toujours!

Le malheur de ta fille au tombeau descendue

Par un commun trépas,27 Est-ce quelque dédale où ta raison perdue

Ne se retrouve pas?

Je sais de quels appas son enfance était pleine:

Et n'ai pas entrepris, Injurieux ami, de soulager ta peine

Avecque6 son mépris.

Mais elle était du monde, où les plus belles choses

Ont le pire destin ; Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses :

L'espace d'un matin.

La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles :

On a beau la prier ; La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,

Et nous laisse crier.

Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,

Est sujet à ses lois ; Et la garde qui veille aux barrières du Louvre

N'en défend point nos rois.

De murmurer contre elle et perdre patience

Il est mal à propos :

Vouloir ce que Dieu veut est la seule science

Qui nous met en repos.28

SELECTIONS IN POETRY.

§49. RACAN, 1589-1670

Doué d'un rare mélange de raison et de verve, Malherbe avait dû particulièrement ses grands succès à la force de sa volonté et à la persévérance de son travail : Honorât de Bueil, marquis de Racan, son disciple, et qui a écrit sa vie, réussit surtout, après lui, par l'heureuse facilité d'un talent naturel. Jamais son maître ne put lui imposer le joug de sa rigoureuse discipline ; et la négligence, dont on ne put le dégoûter, empêcha peut-être seule qu'il ne laissât des œuvres aussi accomplies que Malherbe. Boileau et La Fontaine l'ont toutefois honoré de leurs suffrages ; mais, auprès de la postérité, il a beaucoup perdu de ses titres, parce qu'elle ne fait cas, ainsi que l'a justement dit Pline le jeune,1 que de ce qui est achevé. Au reste, il avait porté assez longtemps les armes. Né en 1589 dans un domaine de ses pères, à la Roche- Racan en Touraine, dont il emprunta son nom, il fut d'abord page de Henri IV, et il quitta le service avec le grade de maréchal de camp. On comprend donc qu'il n'ait donné que de courts moments à l'étude et qu'il ne se soit pas consacré tout entier à la poésie. Elle fut du moins l'amusement de ses loisirs et le charme de ses dernières années. L'Académie française, dès sa fondation, l'avait compté parmi ses membres : il mourut seulement en 1670, à l'époque où le grand siècle avait produit une partie de ses chefs-d'œuvre.

Nous avons de Racan quelques Odes, des Poésies diverses et principalement sacrées, avec des idylles appelées Bergeries : on y trouve un tour facile, de l'abandon et de la grâce. La Fontaine a dit, en rappelant le souvenir de Malherbe et de Racan :

Malherbe avec Racan, parmi les chœurs des anges, Là-haut de l'Éternel célébrant les louanges, Ont emporté leur lyre; et j'espère qu'un jour J'entendrai leur concert au céleste séjour.

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