‹ French prose and poetry; being an advanced French reader; containing selections from the principal classical French poets and prose writers during the past two hundred years. Also a treatise upon French versification, and notes upon the selections, explanatory and criticalChapitre 130 sur 253 · AU JEUNE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

AU JEUNE LOUIS XIII

Ce grand Henri, dont la mémoire 7 A triomphé du monument,8 Est maintenant comblé de gloire Sur les voûtes du firmament.

La nuit pour lui n'a plus de voiles : Il marche dessus les étoiles ; Il boit dans la coupe des dieux, Et voit sous ses pieds les tempêtes

RACAN

Venger sur nos coupables têtes La juste colère des cieux.9

Mais, quoique 10 ce roi considère, De tout ce qu'il voit aux deux bouts De l'un et de l'autre hémisphère, Il ne voit rien d'égal à vous.

Aussi combien qu'après 11 sa vie Son âme, d'honneur assouvie,12 Possède ce bonheur entier Qu'à ses vertus le ciel octroie,13 Il n'a point de si grande joie Que d'avoir un tel héritier.

Il voit dans les choses futures, Qui sont présentes à ses yeux, Les glorieuses aventures De vos exploits laborieux : .

Il voit déjà les citadelles, Que défendent les infidèles, Cacher sous l'herbe leur sommet, Et, dans Byzance 14 reconquise, Ses fleurs de lis venger l'Église Des blasphèmes de Mahomet.

SELECTIONS IN POETRY.

§50. CORNEILLE, 1606-1684

Pierre Corneille, ou, comme on parlait déjà de son temps, le grand Corneille, naquit à Rouen en 1606. C'était le fils d'un avocat général, et sa famille le destinait au barreau : après de bonnes études, il fut reçu avocat. Mais la carrière dramatique, où Mairet, du Ryer et Rotrou obtenaient de brillant succès, ne tarda pas à l'attirer. Il débuta dès 1629 par quelques comédies, excellentes pour cette époque, et il donna en 1635 sa première tragédie, Médée, dans laquelle plusieurs passages annonçaient déjà celui que presque aussitôt, le Cid allait immortaliser.

Les années qui s'écoulèrent pour Corneille de trente à quarante ans furent comptées par des chefs-d'œuvre, Horace, Cinna, Polyeucte, Pompée, Rodogune. En 1647, il fut admis à l'Académie française, qui avait honoré le Cid d'une critique respectueuse. Parvenu alors au comble de la gloire, il ne cessa de produire de nouveaux ouvrages, qui, bien qu'inférieurs à ceux de sa forte maturité, eussent donné la gloire à tout autre par les traits sublimes qu'ils renferment : il suffit de rappeler Sertorius, Othon, Nicomède, etc. Il a laissé beaucoup de pièces détachées sur différents sujets, et une Paraphrase de VImitation de Jésus- Christ, qui n'a pas été réimprimée moins de quarante fois.

Corneille mourut pauvre en 1684. Sa vie privée avait offert le modèle de toutes les vertus. Il était le doyen de l'Académie française ; et, dans cette compagnie, il fut loué par Racine d'une manière digne de ces deux grands hommes.

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