POMPIGNAN
Que ces peuples rivaux, sur la terre et sur l'onde, De leurs divisions épouvantent le monde ! Que pour mieux se détruire ils franchissent les mers; Qu'ils ne puissent ensemble habiter l'univers ; Qu'une égale fureur sans cesse les dévore, Qu'après s'être assouvie elle renaisse encore ; Qu'ils violent entre eux et la foi des traités, Et les droits les plus saints et les plus respectés ! Qu'excités par mes cris, les enfants de Carthage Jurent dès le berceau de venger mon outrage ; Et puissent en mourant mes derniers successeurs Sur tes derniers neveux être en cor mes vengeurs!