Luc ain, ou l'Enthousiasme du Poëte
L'avenir ! . . . . pour lui seul chante et vit le poëte ; Sans regarder son siècle, au sein de la retraite, Il écrit, l'œil fixé sur la postérité, Et déjà respirant son immortalité.
Je crois sentir la mienne en célébrant Pharsale. Q,uel sujet ! quels exploits ! quels tableaux il étale ! Ce n'est point ces combats, ces héros ignorés, Si par Virgile, Homère, ils n'étaient célébrés : C'est dans ses fondements la liberté sapée ! L'univers asservi î Caton, César, Pompée ! Les plus grands des humains l'un à l'autre opposés ! Le plus grand des débats par l'histoire exposés ! Des crimes, des vertus d'un nouveau caractère, Rome opposée à Rome, et la terre à la terre ! Ah ! si tous ces transports dont je suis tourmenté,
Ces élans inquiets vers la postérité,
Ne sont pas de l'orgueil une vaine chimère,
O sublime Virgile, et toi, divin Homère,
Un jour peut-être, un jour, grâce à des noms si beaux.
Le monde associera mon urne à vos tombeaux ;
Et Caton et Pompée, au temple de Mémoire,
Porteront près de vous le chantre de leur gloire.
Legouvé. Épicharis et Néron.