‹ French speaker, ou L'orateur françaisChapitre 33 sur 174 · ANALYSES DE DISCOURS · texte numérisé non relu

ANALYSES DE DISCOURS

ORESTE, AU NOM DES GRECS, DEMANDE à PYRRHUS DE LEUR LIVRER LE FILS D'HECTOR.

Dans le plein et le bas de la voix :

Avant que tous les Grecs vous parlent par md. voix, Une petite nuance dans le bas, le ton affectueux :

Souffrez que j'ose ici me flatter de leur choix, Une nuance dans le haut :

Et qu'à vos yeux, seigneur, je montre quelque joie Redoubler d'affection sur le vers suivant :

De voir le fils d'Achille et le vainqueur de Troie.

Relever le ton :

Oui, comme ses exploits, nous admirons vos coups ; Hector tomba sous lui, Troie expira sous vous :

Une nuance, toujours le ton affectueux :

Et vous avez montré, par une heureuse audace. Que le fils seul d'Achille a pu remplir sa place.

Changement total de ton, et le soutenir toujours d'une manière digne et noble :

Mais, ce qu'il n'eût point fait, la Grèce avec douleur Vous voit du sang troyen relever le malheur, Et, vous laissant toucher d'une pitié funeste, D'une guerre si longue entretenir le reste.

Changement de ton, en prendre un grave et imposant:

Ne vous souvient-il plus, seigneur, quel fut Hector ? Nos peuples affaiblis s'en souviennent encor :

Redoubler d'intérêt :

Son nom seul fait frémir nos veuves et nos filles ; Et, dans toute la Grèce, il n'est point de familles Qui ne demande compte à ce malheureux fils D'un père ou d'un époux qu'Hector leur a ravis. 9*

102 LE LECTEUR ET l'oRATEUR FRANÇAIS.

D'un ton plus haut, très-important, et bien soutenir l'interrogation :

Et qui sait ce qu'un jour ce fils peut entreprendre %

Changement de ton, celui de la crainte :

Peut-être dans nos ports nous le verrons descendre,

Soutenir les deux vers suivants dans le plein de la voix, et porter la force de l'expression sur le second vers :

Tel qu'on a vu son père, embraser nos vaisseaux, Et, la flamme à la main, les suivre sur les eaux.

Changement de ton, un temps, et reprendre dans le bas, en graduant chaque vers avec intérêt pour Pyrrhus :

Oserai-je, seigneur, dire ce que je pense î Vous-même de vos soins craignez la récompense, Et que dans votre sein ce serpent élevé Ne vous punisse un jour de l'avoir conservé.

Changement de ton, dans le plein de la voix, en graduant les quatre vers :

Enfin, de tous les Grecs satisfaites l'envie,

Assurez leur vengeance, assurez votre vie ;

Perdez un ennemi d'autant plus dangereux j j

Qu'il s'essaiera sur vous à combattre contre eux.

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