‹ Frère André ThevetChapitre 16 sur 21 · CALVAIRE DES CORDELIERS DE PARIS · texte numérisé non relu

CALVAIRE DES CORDELIERS DE PARIS

Gravure d'une pierre tombale. Grand Couvent des Cordelière Paris, xvp siècle

• cliché Editions Franciscaines*

perçu. Il n'en reste rien en France. Peut-être en retrouvera-t-on une partie en Angleterre : certains de ses manuscrits furent en effet achetés à sa vente par le célèbre géographe Richard Hackluyt, alors à Paris, chapelain de l'ambassade anglaise, et se trouvent maintenant à la Bodléienne d'Oxford. Or, il avait demandé dans pon testament (1) que ses meubles les plus précieux et son * cabinet fussent vendus à un seul homme et non dispersés.

Peu d'hommes ont été aussi vilipendés que Thevet ; pendant sa vie, et durant les dix ans qui suivirent sa mort, il fut terriblement attaqué.

L'historien protestant Lanceloî du Voësin, sieur de La Popelinière, est peut-être le plus violent de ses adversaires. Il consacre six pages de son Histoire des Histoires à le traîner dans la boue, enveloppant d'ailleurs dans la même réprobation l'ennemi de Thevet, Jacques de Belleforest : tous deux, écrit-il, ont aussi peu d'esprit, de mémoire, qu'ils 6ont fournis de hardiesse ; ils sont lamentables ; ils n'ont pas été instruits dans leur jeunesse, et ils manquent des connaissances élémentaires; ils n'ont aucune expérience des choses du monde ni aucun sens moral, étant « pauvres et dénués des aesles de vertu » ; ils savent mal interpréter les textes, ils les corrompent et falsifient lorsqu'ils en ont besoin et «' supposent un million d'inepties ». Il n'est « langue ni science qu'ils n'aient profané », et — voici où le bout de l'oreille de l'historien, du concurrent, apparaît — 1 « ils ont même barbouillé l'histoire particulière et universelle à leurxsotte fantaisie ». Ce sont d'ailleurs d'abominables polygraphes écrivant à tant la ligne en vue de gagner de l'argent : ils « sont comme une démengeson, présage d'une maladie..., les mains et les esprits frémissoient d'escrire à ceux-ci, non pour le bien public, mais pour leur profit particulier qu'ils entretenaient au misérable travail d'une nlume effrénée ».

(1) Dans cet- acte, daté du 20 janvier 1586, il déshéritait sa famille, au profit de sa filleule Andrée de Minières. Il y prescrivait, entre autres choses, qu'on accrochât contre l'endroit où il serait enterré son portrait peint à l'huile sur bois. Ce tableau a malheureusement disparu.

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