‹ Frère d'EmpereurChapitre 6 sur 51 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

logie ni de satire politique. Il nous aura suffi qu'elle s'en dégage, bien vivante, avec les contours de précision politique et morale, qui lui manquaient.

Mais déjà pourrait-on en fixer les principaux traits, comme pour en avoir une impression d'ensemble anticipée, avant de la suivre dans tous ses détails.

Morny fut de ces mortels privilégiés, dès le berceau, dont on a dit que le succès est un frère né en même temps qu'eux. Il n'avait, du reste, aucune des vanités de la puissance ou de la réussite, parce qu'il lui semblait tout naturel qu'il eût cela. Habitué à vivre au milieu d'un monde léger et poli, il avait cet attrait de l'être extérieur, ce charme de surface que les mots ne définissent pas, qui nait et s'évanouit avec de certains hommes, et par lequel sont gagnés, à première vue, ceux qui les approchent.

Il recherchait la simplicité plus qu'il n'était simple. Son affabilité naturelle ou voulue ne s'éclairait point d'un sourire cordial comme chez l'Empereur. Il avait de la fierté, sans trahir de la morgue ; autant qu'il le voulait, par sa facilité d'humeur, l'agrément de son langage, l'aisance de ses manières, il retenait les sympathies. Du consentement

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