PRÉFACE VU
unanime de ceux qui le fréquentèrent, on ne résistait à son charme qu'en ne s'y exposant point.
L'expérience des hommes et la pratique des choses kii en avaient plus appris que l'étude. Il lisait peu, savait peu ; mais il donnait le change facilement par le don d'une intuition prompte et le sens exact qui était en lui de l'idée à concevoir ou de la résolution à prendre. Une qualité louable équilibrait son jugement : la compréhension très ouverte du mérite, chez ses adversaires comme chez ses amis, de sorte que, suivant l'expression d'un de ses portraitistes, l'artiste, en lui, surnageait au-dessus de l'homme de parti. Si sa volonté était tout d'une pièce, ses manières polies et conciliantes avaient les jointures qu'il y fallait. Il alliait l'élégance des formes, qui attire et séduit, à l'énergie du caractère, qui s'impose et commande.
Personne n'eut moins que lui les goûts contemplatifs. Il ne ressentait d'intérêt véritable que pour les personnes ou les passions, c'est-à-dire les formes actives de la vie. En matière de croyances, il était resté ce que son éducation l'avait fait : un fils du dix-huitième siècle, pour qui la préoccupation d'un Dieu personnel, témoin, soutien ou juge, devait