‹ Frère d'EmpereurChapitre 8 sur 51 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

être d'un poids aussi léger que possible sur sa conscience et n'embarrasser guère ses sentiments et ses impulsions.

Au moral, nul ne fut plus indulgent et plus commode aux faiblesses d'autrui, parce qu'il avait fait le compte des siennes. Les purs soucis du droit, de la justice, en debors de ce que représentait à son intellect une certaine conception de l'honneur (l'honneur devant le monde et l'estime de soi par devers son propre jugement) n'occupaient en sa mentalité qu'une place intermittente et restreinte. De scrupules il n'en souffrait que la moindre dose, quand il s'agissait de politique ou de finances. Moins par amour de l'argent que par le désir des moyens de domination, qui en sont la résultante, il se laissa eng^ager plus d'une fois en des affaires peu dignes de la sollicitude d'un homme public. On lui a fait de ces complaisances un long grief. Sans avoir su peut-être que Tacite en prononça la formule l)ien longtemps avant lui. il s'était pénétré de toute la force de cette raison que a l'argent est encore plus le nerf des luttes civiles et politiques que de la guerre ordinaire ». Son rôle eût acquis des proportions autrement larges s'il n'était pas

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