‹ Frère JacquesChapitre 9 sur 41 · TXT. JUGEONS PAS SUR L'APPARENCE · texte numérisé non relu

TXT. JUGEONS PAS SUR L'APPARENCE

« Tant mieux , car en vérité cet homme a l'air d'un chef « de voleurs, et, pour ma part, je ne suis nullement « curieuse de le revoir, je t'assure. »

Edouard rougit : son frère a , dit-on , l'air d'un bandit ! Cette pensée le trouble... il croit que l'on devine son secret, il n'ose lever les yeux. Cependant les caresses de sa femme dissipent un peu son inquiétude. « Qu'as-tu « donc, mon ami? » lui dit Adeline, « tu parais aujour- « d'hui rêveur... préoccupé... — Je n'ai rien, ma bonne « amie... l'ennui d'être si longtemps loin de toi a été «mon seul chagrin !... • — ■ Cher Edouard... puisses-tu « penser toujours de même , car alors tu ne me quitteras « jamais. Ah !... quand partons-nous pour notre campa- « gne?... — Mais... dans huit jours... — Huit jours ! « c'est bien long !... — Il faut laisser à l'ancien proprié- « taire le temps de faire ses apprêts... — Ah ! c'est juste, « mon ami. >»

Edouard ne disait pas la vérité ; une autre raison lui faisait retarder son retour à Villeneuve-Saint-George. Cette raison, il n'osait la communiquer à Adeline, et, après quarante-huit heures de mariage, après s'être promis confiance entière et réciproque, voilà un mari qui a déjà des secrets pour sa femme.

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