‹ Frere Tranquille cronique du temps de Charles 8Chapitre 10 sur 59 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

GRAVILLE, TARCHIN. TRANQUILLE, LA DU- CHESSE, JEAN D’ARMAGNAC, Gardes, Un Bourreau.

graville, lerant la visière de ton casque. Isabelle de Nemours, me reconnais- lu?

la duchesse. Graville!

graville. Faites donc votre prière, madame; vrai Dieu, vous serez une belle sainte, et vous rctrouvrrrz votre III» parmi les anges.

la nuemsta. Olivier de Graville, je ne vous demande point de pillé pour moi ; mais mon fil» ! que vous a-t-il fait ce pauvre eufant dont vous avez tué le père?

GRAVILLE- Une fois, il y a déjà longtemps de cela. Isabelle, j'étais presque jouvenceau, et loi, tu élal» une toute jeune tille. Je drraandoi ta main à ton père, qui me répondit : Elle e*t la fiancée de Jacques d’Armsgntc. . Jacques d’Armsgnac et moi, nous nous rencontrâmes au préau Saint-Antoine et nous mimes l'épée à la main. Je n'eus pas de bonheur, je glissai sur la terre mouillée et ton fiancé me tint »oiis lui. Son droit était de me tuer; il préféra me frapper au front du pommeau de sa dague.. Vols, la cicatrice est là. . et je tedis encore une fols de faire ta prière, si lu veut t'en aller de cette vie en paix avec Dieul LA duchesse, (Tune noix éteinte. Mon fils!... (On voit Tranquille te glisser vert Graville.)

gravillk, te tournant vert un Aomme qui te lient Tépte nue derrière Tarchin. Avancel (L'homme à f épée fait un pas. ) tranquille, écartant {'nomme, d Graville d'une voix basse et caressante. Monseigneur?...

graville, briuqunnerti. Que teui-lu?

tranquille, «e plaçant entre Trachin et Gravitle. Vous voulez von* venger, monseigneur, vous venger comme H faut, n'est-ce pas? Cb bien! écoutez-moi... j'ai souffert ici le mariyrc pendant que tous Ica autres éiaicut heureux...

Ils couchaient sous des dais de velours, et moi j'avais roui ma télé la pierre humide et nue... e'élait trop bon pour moi. à ce que disait le père de cet enfant qui pleure U dans les bras de cette femme... (HuroJ d'un rire fwqwbra.) Moi, je ris maintenaot!... Et si vous saviez combien de fois j’ai pleuré du sang pendant qu’ils riaient 1 J'étais un ver de terre, et tous les jours, les plus vils et les plus misérables mettaient leur pied aur le ver de terre, qui n'osait pas se plaindre... Savez- vous pourquoi on m'appelait frère Tranquille? C'est qu'on me battait, c'est qu'on m'insultait, c’est qu'on m’écraiait, et que moi je me laissais battre en silence, et que je dévorais l'insulte sans dire un mot, et que je ne me retournais point pour mordre le talon qui m'écrasait!... C'est que quand on roc souffletait sur la joje droite, je tendais la gauche h irnblement. J'étvis connu pour cela I Frère Tranquille ! vous entendes , bien, monseigneur, cela veut dire le misérable qui reste plat sous l'outrage, qui boit l’affront comme l'éponge boit l’eiu croupie... l'esclave

3 ue l'on torture et qui dit merci, le bouffon qui issimulc scs larmrs derrière le lâche sourire!... Monseigneur! monseigneur! j’ai tout supporté dans l'espoir de l’heure qui va sonner maintenant... Je suis frère Tranquille, et voilé te (Ils de mon maître!

tsrciiix, à Grarille. Quel bon coup de dent doit avoir cette bête férore !

tranquille, o« bourreau d'un ton impérieux cl jaloux. Toi, va-t'en ! Ne vois-tu pas que tu es de ' trop, puisque me voici! (Sc tournant rrrs Grarifle.) El cette femme... Ab! tenei, monseigneur, je ne vous ai pas tout dit: Si vous êtes un gour- ; met de vengeance, écouter -moi bien, (Serrant le bras de Graville et montrant la Duchesse.) Celte femme, je la trouve belle 1... (GraesJJe recule ; la Duchesse pousse un cri et laine aller son enfant.)

tarchin. Et lu veut qu’on te la donne cette femme?

tranquille. avec une exclamation terrible. Elle et luil... tous les deux!... l’enfant et la mère!...

YARcnin. à Granité. Il n’y a qu’à le laisser faire et à s'en laver les mains.

ors ville, après avoir hésité. Messieurs, la table est servie; soivei-moi ! [Il se dirige vers la porte de gauche, suivi des hommes d'armes ) tarcuin, à Tranquille. On te les donne.

tranquille, arcc une joie sauvage. Merci ! (On pousse dehors Ut vassaux <T Armagnac.)

tarchin, restant U dernier sur le seuil, à ta cantonade. Quoi que l'on entende dans cette salie, je défends à quiconque d’y rentrer, sous peine de la vie! [A Tranquille.) Et-lu content? tranquille. Je suis content.

TAiiCHin. Aiguise tes dents, chat tigre* 'ffsorf.)

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