SCÈNE IX
TRANQUILLE, U DUCHESSE, JEAN D'ARMA- ONAC. (TraïquiUe ca fermer la porte du fond , puis celle de gauche, après avoir regardé avec soin au dehors.)
la duchesse, sans ouvrir Us yeux et d'une voix faible Le bourreau t le bourreau : que ne m'a-t-on livrée au bourreau! Qu’ est-ce que la mort auprès de celte agonie I...
I8«n d'armagnac. Mère, le voilà qui vient t la Docacssa. Fais comme moi, mon enfant, pauvre enfant! ferme les jeux et prie! (<m rilence. Tranquille t'avance vers eux après avoir fermé la dernière porte. J Ayer compassion et lueznous tout de suite!...
tranquille, s’agenouillant au pied du trône.
Madame, regardez-moi. et prenez confiance en Dieu!
la DCCRESS8, tans ouvrir les yeux ei tout bas.
Il raille !
tu * von lie. Madame, ma noble dame, je oc raille pas. . Regarder moi, je vous en prie, et prenet confiance en Dieu!
la duchesse, ourronl les yeux et restant frappée de stupeur. Je rêve... ou je deviens folle!... Tranquille à genoux!...
tuanqgillb. nam et pleurant. Vous ne rêves pas, ma noble dame... et vous n’étes pas folle... c'est moi, c'est bien moi, le pauvre Tranquille... Voilà que vous comprenez et que l'espoir brille déjà dans vos yeux. Il faut me pardonner la peine que je vous ai faite; c'était pour les tromper...
la duchesse. se ranimant par degrés. Faut-il croire cela, mon Dieu!... Vous, Andéol, à qui on a fait tant de mal I
tranquille. Oui, oui, je sais. Obi cettaincipcol,
je ne dis pas, monseigneur a bien oublié parfois i envers moi la charité chrétienne... maissoyex-en sûre, allez, j'aurais donné de bon cœur ma pauvre vie pour le défendre... Oh! mais, vous, ma- | dame, vous avex été ma protection et ma provi- ! dence! vous n’avez jamais prononcé sur moi que des paroles de consolation et de douceur: vous qui êtes sur la terre ce que sainte Marie est au ciel, la force de» faibles, la joie des souffrants... Pour vous, madame, et pour ce noble enfant que j'ai vu naître, je dunnerais plus que ma vie!
la duchesse, arec élan. Mon tilst mon fils! Celui-là est notre sauveur... celui-là est un noble et saint homme 1 F.mbrawe-le cl rc*peete-!e toute ta vie! (fille tend t'enfaul à Tranquille qui le prend dans ses bras et le presse contre ton cœur avec expression. — Changeant tout à coup Je ton ) tranquille. Ilfaul fuir maintenant, madame... Vous voilà désormais veuve et gardienne du sang d Arnugnact soyez forte pour votre grande lâche! Dans votre vie de traverses et de danger». Dieu permettra peut-être que vous soyez séparée violemment de votre enfant.., la duchesse, effrayée. Que dites-vous ?
tranquille, baissant la voix. Si Dieu permet cela, souvenez-vousque mon jeune sire porte l'écusson d'Armagnnc gravé sur sa poitrine, à la place du cœur.
la duchesse, tMWMRl. Et c'est pour cela?...
tranquille. Et c'est pour cela que le traître Guillaume de Soles m'a tant frappé.
la duchesse, faisant un mtu cernent comme pour s'agenouiller. Oh I qui jamais vous récompensera !
tranqi lille, allant ouvrir une petite porte qui est cachée dans la boiserie derrière le trône Cette issue que seul je connais, doit favoriser votre fuite... mon cousin Jérôme, le soldat, tient deux chevaux «ellét à la poterne qui donne sur le parvis de Saint-Eusiacbe.
la duchesse. Partons! tous venez avec nous, n'est-ce pas?...
tranquille. Je reste! je reste, moi! Il faut bien que je leur donne le change et que j’égare leurs poursuites... {Mouvement de la Duchesse.) Je ne sais pas ce que je dirai, ce que j'imaginerai ; mats si par hasard, je parviens à m'échapper, je vouj rejoindrai, maaame.etdans votre détresse, il vous restera un serviteur... Partez! partes vite!.., la dcuiessb, fui tendant la main. Au revoir, Tranquille! et que Dieu vous garde t