‹ Frere Tranquille cronique du temps de Charles 8Chapitre 35 sur 59 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

GRAVILLE. TARCHIN.

■jIUVillb. Elle raille, je crois? une femme qui est mon ouvrage, que j’ai tirée du néant, et qui se retourne eontre moi.

tarchin. Ehl messire! il se pourrait bien qu'un jour elle y retombât dans ce néant dont vous l'avez fait sortir.

graville. Allons! toi aussi lu partages laridieule croyance du menu peuple, tu crains que les vrais Armagnacs ne sortent de leur tombe... que diable ! ce n'est pas à nous qu'il faut parler de revenants, nous avons vu....

tarchin. Qu'cst-re que vous avez vu?...

graville. Mais le trou béant...

tarchin. Et au fond T

graville. Au fond, les eaux du fleuve qui ont emporté le secret.

tarchin. J'aime peu ces lombes qu'il est im- I possible de sonder.

I craville. Que signifie? saurais-tu quelque chose?

tarchin. Trois choses... vous rappelez-vous cet I Andéol.que nous surnommions Tranquille... dont la fuite nous étonna, il y a quinze ans. et qui ne réclama point le prix du sang, et qui, pour s'enfuir plus vite, abandonna son enfant, son fils, lequel a depuis disparu : comme son père. Cet Andéol, je n'ai jamais cessé de le chercher, car je songe â touf, monseigneur...

graville. Eh bien?

tarchin. Eh bien! je l’ai retrouvé. (Jfoutement.) Oh! patience... j'ai su tirer parti de la rencontre. Je lui ai donc fait respirer dans sou sommeil une fine substance. ... florentine, au moyen de laquelle, quand il s’éveillera, nous l'aurons pendant une heure au moins, battant la campagne et disant des folies... dont j'espère bien extraire la vérité. La seconde chose que je sais, monseigneur, c'est que ce matin, en consultant mes caries...

•‘.a a vu le. Assez! assez t (Riant.) Florentin, val passe à ta troisième découverte?

tarchin. Oh ! celle-là devrait vous crever les yeux... et cependant, non, vous ne voyez rien... vous ne voulez pas voir que votre puissance, plus respectée naguère que celle du monarque lui-même, vacille aujourd'hui de toutes parts... que votre pupille vous hait et vous résiste en face, et que tout récemment chez vous, dans vos forêu, des malandrins ont attaqué votre escorte... Eh! ce sont des symptôme* que tout cela. Quelque part, je ne sais où, l'orage s'amasse; quelque part, je ne sais où, le lion d'Armagnac •'est éveillé et a rugi.

graville. Allons 1 assez 1. ..va, tu es bien de ton pajs... En attendant, sont-ils pendus ces requins qui ont attaqué mon escorte?

TAaaiiN. Ripaille était leur chef, monseigneur, et j'ai donné des ordres en conséquence.

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