JEAN-LE-BLOND, LA DUCHESSE
i.a duchesse. Mais qu'as-tu, Jean? tu viens de tressaillir... tu pâlis...
jmn-le-blord. L'heure va sonner.,, ma mère, cl ce soir, « l'arrivoir du Louvre, mon frère Jc-an- Ie-Brun, lui, qui s'est jeté lurl'insullcur in lime, quand j'aurais dû, moi...
LA DUCIIKM. Mon fil*!...
jfar-lehblord. Ma mère... vous avez pu me retenir cette nuit, on mu disant : « C'est ma vie ou ma mort... i» MaU aujourd'hui, ma mère, si j'hésitai*...
la duchesse. Ecoute, enfant, je n’ordonne pas, je prie : veux-tu changer en deuil éternel la joie de la mère?... Refuses-tu d'acquitter ma dette enver* Blanche, envers cette jeune lille que j’ai si cruellement frappée? Je venais ici gardant chè-
rement te secret qui devait te faire heureux, je ménageais une surprise à mon enfant bicn-aimé... J'allais prendre ta main et la mettre dans la main de Blanche, en lui disant: Ma hile, tu ne changeras point de nom et lu l'appellerai toujours Blanche d Armagnac...
jkan-le-blond. Ma mère' la nrcHBüsE. Et pendant qne les meurtriers poursuivront celui qui a pris ta place... Blanche,
S ut, devenue ta femme, pourra dire, je suis une ‘Armagnac i présent!,.. Blanche, qui voulait sauver le roi, au pris de ses jours, se rendra au palais des Tournelle* et demandera justice. Moi, pendant ce temps, je verrai Ripaille- Il m'a promis de rassembler toutes les preuves, tous les actes capables d'apuujcr ma parole.
jean-le-blqnd. Je me livre à vous, ma mcrc!
la duchesse. Alors, ne perdons pas une minute ; il uous faut un prêtre et sur-le-champ ! Je connais le prieur Anselme. Il a été le chapelain d'Armagnac; il me reconnaîtra bien, luil