CHAPITRE III
Fressin devant la vie publique.
n peut être intéressant pour certains lecteurs de savoir commert les habitants de Fressin ont entendu la vie publique, s'ils ont été jaloux de leurs privilèges et soucieux d'exercer leurs droits civiques, ou si, uniquement préoccupés de leurs affaires et de leurs plaisirs, ils se sont montrés indifférents aux questions d'intérêt et d'honneur national ; s'ils ont voté d'après une idée, un principe, et si, dans ce cas, ils ont su être fidèles à eux-mêmes ; ou bien s'ils n'ont pas subi les fluctuations diverses de l'atmosphère politique, les uns pour y résister de parti-pris, les autres pour s'y laisser entrattier d'une manière non moins systématique.
De là im aperçu des votes émis à Fressin dans les diverses élections et les plébiscites.
§ 1. — Fressin ET LE Conseil D'ARROiroissErfENT.
Le Conseil d'Arrondissement ne faisait jusqu'à ces derniers temps qu'émettre des vœux. On y a récemment introduit la politique en constituant les conseillers électeurs de droit pour le recrutement du Sénat.
Nous aurions pu faire la même remarque à propos des Conseils municipaux. Cette intrusion de la politique
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pourrait bien altérer le caractère de ces assemblées au détriment des véritables intérêts de la commune.
La commuhe de Fressin eut l'honneur de représenter plusieurs fois le canton deFruges au Conseil d'arron-* dîssement de ATontreuil.
En 1833, ^^ conseiller d'arrondissement était M, Antoine-Joseph Norbert VioUette, capitaine d'artillerie, père de M. le maire actuel de Fressîn.
En 1838, le canton était encore représenté par M VioUette- Ringal» alors désigné sous le titre d'ancien capiti.ine d'artillerie, propriétaire, demeurant àFressin.
Il fut remplacé par M. Augustin Louvet, avocat, lequel lui succéda aussi comme époux de dame Cornélie Ringal. M. Louvet était encore Conseiller d'arrondissement en 1846; il eut poursuccesseur M.Fleury. En 1848, les deux conseillers d'arrondissement pour le canton furent M. Caron, brasseur à Fruges, et M. Hippolyte de Contes. avocat, cultivateur à Planques.
Aux élections du i^*" août 1852, M. Aimé Billet obtint 166 voix à Fressin ; M. Justin Caron en obtint 45, et M. Carpentier-Hoyer 3.
L'élu du canton fut M. Billet, aîné, négociant à Fruges.
Le 3 juin 1855, les, électeurs de Fressin donnèrent 80 voix à M. Aimé Billet, 23 à M. Lens-Cappe, 2 à M. le baron Hippolyte de Contes.
M. Billet resta conseiller d'arrondissement.
Le 16 juin i86f, M. Panet, cultivateur à Saint- Philbert, eut à Fressin 132 voix; M. Clerc, juge de paix à Fruges. 50 ; M. Billet, 7.
Le 23 du même mois, M. Panet eut ici 149 voix, et M. Billet, 44.
L'élu du canton fut M. Panet.
En 1867, M- le notaire Boulanger, maire de Fruges, se présenta contre M. Panet. A Fressin, M, Panet
l'emporta ; il eut 141 voix ; M, Boulanger en eut 68.
M. Boulanger eut la majorité dans le canton.
Le 8 octobre 1871, M. Boulanger obtitit 117 voix; son adversaire était M Latkam, qui eut 51 voix.
M. Boulanger passa ensuite au Conseil général.
Le 29 juin 1H73, M. Gallet, propriétaire à Embry, eut à Fressin m voix.
Le 4 octobre 1874, M. Gallet en obtint 154.
Le 7 mars 1880, M. Boulant, propriétaire à Rimboval, eut à Fressin 134 voix. M. le vétérinaire Latham en eut 59.
La même année, le l^*" août. M. Boulant obtint 170 voix à Fressin; M. Latham n'en recueillit que 3.
Le 12 août 1883, M. Emile Fauvelle, propriétaire à Frugcs, obtint à Fressin 152 voix.
Le l*^^ août 1886, M. Jules Annequin, propriétaire, adjoint au maire de Fressin, obtint 167 voix. Son associé M. Pruvost-Caron, négociant à Fruges, en obtint 142. Ces deux messieurs furent élus.
Les deux candidats conservateurs eurent à Fressin :
M. Boulant, 50 voix :
M. Fauvelle, 31.
§ 2. — Fressin et le Conseil Général.
Sans avoir l'autorité des anciens États d'Artois, le Conseil général a une importance sérieuse et de considérables prérogatives. Cette importance et ces prérogatives ne manqueront point de .«^'étendre, le jour oti il y aura à Paris un gouvernement central à l'abri de toute contestation.
Sous Louis-Philippe, l'arrondissement de Montreuil
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n'était représenté que par quatre conseillers à l'Assemblée départementale.
En 1848, le canton de Fruges élut M. Fleury, précédemment conseiller d'Arrondissement.
A l'élection du i^^ août 1852, M. Hippolyte de Contes obtint des électeurs de Fressin 154 suffi âges : M. Lorel n'en recueillit que 65.
L'élu du canton fut M. Lorel, président du tribunal civil de Montreuil.
Le 13 juin 1855, M. le baron de Contes eut chez nous 202 voix : M. Lorel n'en eut que 42. Cependant ce dernier obtint du canton le renouvellement de son mandat.
En 1858, M. de Contes fut élu conseiller général.
Le 4 août 1867, M. le baron de Contes eut à Fressin 178 voix ; il eut un adversaire en la personne de M. Gosselin, de Fruges, banquier à Boulogne. M. Gosselin n'eut ici que 34 voix, bien que son père jouît dans la commune d'une grande et légitime influence et eût des propriétés à Fre.ssin.
Mais M. le baron de Contes, propriétaire à Planques, descendant des anciens sires de Créquy, tenait encore de plus près à Fressin. En outre, il se présentait comme le candidat des campagnes, et il avait l'avantage de n'être pais imposé par le pouvoir. Il était enfin, depuis dix ans, en possession du mandat des électeurs.
M. de Contes fut élu ; mais ses ennemis poursuivirent l'annulation de son élection, et leur poursuite réussit. Le canton fut donc quelque temps sans représentant au Conseil général.
Le 12 juillet 1868, M. de Contes eut à Fressin 184 voix, et M. Bertulphe Gosselin 43.
Notre commune restait fidèle à elle-même.
Le 13 décembre de la même année, M. de Contes eut 205 voix. Il rentra à l'Assemblée départementale.
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Le 8 octobre 1871, M. de Contes et M, Gosselin se trouvèrent encore en concurrence. M. de Contes eut 126 voix, et M. Gosselin 54. M. de Contes fut élu.
Il donna sa dénîission Tannée suivante.
En (873, M. Boulanger, notaire, eut à Fressin 84 voix ; M. Latham en réunît 09. On peut s'étonner de ce résultat, surtout pour l'année où il se produîsit.
M. Boulanger fut élu membre du Conseil général.
Le 4 novembre 1877, M. d'Hébrard de Torcy, eut à Fressin 118 voix; son concurrent, M. Gosselin, en eut 78.
L'élu du canton fut M. Gosselin, banquier, président de la Chambre de Commerce de Boulogne.
Le 12 août 1883, M. Gosselin, seul candidat, réunit 152 suffrages.
Le II janvier 1885, deux candidats se présentèrent pour recueillir la succession de M. Bertulphe Gosselin décédé : M. Louis Boudenoot, de Fruges, et M. Emile Fauvelle, également de Fruges, et membre du Conseil d'arrondissement. M. Boudenoot se présentait comme républicain, M. Fauvelle comme conservateur. M. Boudenoot obtint à Fressin 116 voix et M. Fauvelle 81.
Le 28 juillet 1889, ^' Boudenoot eut 125 voix, et M. Fauvelle 6r.
§ 3. — FUESSIN ET LES PLEBISCITES.
Le plébiscite, en France, est une institution Napoléonienne, que les Bonaparte ont créée et mise en œuvre à leur profit.
Lors de l'établissement du premier Empire, on ouvrit des registres dans les mairies, et les citoyens