CHAPITRE V
Les Notaires.
Le plus ancien notaire de Fressin dont le nom nous ait été conservé s'appelait Pierre de Lières. Nous lisons, en effet, au Cartulaire de TAbbaye d'Auchy-les- Moines que Pierre de Lières, curé de Fressin, notaire apostolique, dressa, le l8 mai 153I, l'acte d'une élection d'abbé, et qu'il fut envoyé à SaintOmer pour rendre compte de cette élection à l'abbé de Saint-Bertin et lui en remettre le procès- verbal.
II ne faut pas être surpris qu'un curé soit désigné comme notaire. Dans le principe, un notaire était un écrivain dont la principale fonction était de rédiger par écrit les actes, conventions, donations, testaments, et de leur imprimer un caractère d'authenticité. Peu à peu, son rôle s'est agrandi ; le notaire est devenu un homme de loi, le conseiller des familles et le dépositaire de leurs secrets. C'est tout récemment et tout à fait abusivement qu'un trop grand nombre, dédaignant cette mission honorable mais trop modeste à leur gré, se sont transformés en banquiers.
Les pren»iers notaires furent des esclaves dont on fit des copistes. Il y eut ensuite des notaires libres, mais pris parmi les clercs. H n'y en eut pas d'autres jusqu'au XIP siècle. Plus tard, on distingua entre les notaires apostoliques et les notaires des seigneurs, parjni lesquels le plus grand nombre étaient encore ecclésiastiques Hors de la Cour de Rome, on ne connaît plus
61^ Fkbssin
aujourd'hui de notaires apostoliques. Les officiers ministériels s'intitulent, selon les temps, notaires royaux, notaires impériaux, ou simplement notaires.
Après Pierre de* Lières, nous trouvons un notaire laïque, dont le nom nous est révélé par le nécrologc de Jean de Bomy. Nous y voyons que le l6 avril 1617 mourut Guislain Malhatre, notaire et procureur d'office.
Deux autres notaires paraissent avoir instrumente en môme temps que lui. C'étaient Pierre Souillart et André Demoncheaax. Pierre Souillart était en même temps bailli des terres et seigneurie de Saint-Jean pour Messieurs les abbés et Religieux de Saint-Jeanau-Mont ; il était aussi greffier des terres et duché de Créquy.
Pierre Souillart et André Demoncheaux étaient notaires à Fressin en 1614.
Pierre Souillart mourut le 26 septembre 1636. En 1621, on lui voit pour collègue M*^ Flament ; en 1626, M^ Jean Amoury, lequel était en même temps bailli général des abbé et Religieux de S^-André-au-Bois, ordre de Prémontré ; en 1627, Pierre Denis ; en 1620, Cornuel.
Les Souillart forment une dynastie. Après Pierre Souillart, nous avons Adrien Souillart, qui mourut en 1651 ; un autre Souillart instrumentait encore en 1685.
Un nom qui se perpétuera longtemps dans le notariat à Fressin est celui de Viollette. M^ François Viollette instrumentait en J68l, 1684, 1694 et longtemps plus tard, puisqu'il ne mourut qu'en 1721.
En même temps que François \ ioUette, Fressin eut pour notaire M"" Jacques Cornuel, qui exerçait en 1699; puis M' Joseph Cornuel ; puis encore Pierlay et Guislain Catain, qui épousa Léonore Bacqueville de la Vasserie. En avril 1701, Joseph Cornuel reçut de l'homme
La Comml'nb 613
d'affaires de Madame la duchesse de Créquy avis que Ton veut bien payer les 80 francs réclamés pour redevances de plusieurs années par les administrateurs de réglise de Fressin, mais à condition que Ton produira au sieur Hémart, d*Hesdin, des pièces plus probantes.
En 1701, Viollette, Cornuel et Pierlay s'intitulaient notaires royaux de la province d'Artois de la résidence de Fressin. Il y avait donc alors trois études dans la commune ; mais ces Messieurs étaient de la même famille et ne se jalousaient point.
M^ Joseph Viollette exerça le notariat depuis 1721 jusqu'en I758.
Dans l'intervalle, on eut les notaires Lion ( 1727 ), Florent Labesse (1734). Guislain Catain, (1738).
Florent Labesse mourut, le 18 janvier 1750, retiré du notariat et âgé de 72 ans.
M*^ Joseph Cornuel, notaire royal, procureur fiscal de la seigneurie de Fressin, veuf de Marie- Françoise Petit, mourut le 8 novembre 1742.
Etaient alors notaires Pierlay, Catain et Joseph Viollette.
Joseph Viollette, notaire royal, greffier des terres et seigneuries du duché de Créquy-Fressin, époux de Marie-Françoise Cornuel, mourut le 4 novembre 1758.
11 eut pour successeur M^ Jacques - Marie Viollette, avocat au Parlement, notaire royal et lieutenant général des terres et duché de Créquy-Fressin, époux d'Anne-Elisabeth Sta. Il exerça de 1758 à 1818.
Il eut pour collègues : MM. Antoine- Joseph Pierlay (1765) ; Orner S* Jean ou de S^ Jean ^768, 177 1) ; Jean- Baptiste-François-Joseph Ballet, époux de Marie- Anne- Françoise-Augustine Louvet (I784, 1790, 1792) ; Xavier- Augustin Louvet ( 1785, 1792, 1802 ) etc., époux de Marie-Françoise-Elisabeth Viollette.
Nous avons vu des actes de M. VioUette antérieurs à la Révolution. Ils commencent ainsi :
In Nomine Domini. Amen. — Jacques-Marie Vîollette, etc.
L'étude VioUette était placée à l'angle fait par la rue l'Avocat avec la rue Noire, où est mort de nos jours le dernier notaire de ce nom.
Antoine-Joseph Pierlay, oncle de Moïse Berthe, mourut à 63 ans, le 30 avril 1777. Il était procureur fiscal du duché de Créquy-Fressin. Il occupait la maison faisant face à la rue du Pont, propriété actuelle de Madame Veuve Verdin. Gallet, son successeur, occupa le même immeuble.
Aux élections qui eurent lieu, le 8 Juillet 1790, pour les administrations de district, J.-B. Gallet, notaire à Fressin, fut élu un des douze membres du district de Montreuil.
Il y avait encore alors trois notaires à Fressin : MM. Louvet, VioUette et Gallet.
En avril 1802. à propos d'une pétition des Moitier de Campagne et de Gallet d'Aubin, le maire Thélu écrivit au Préfet que Fressin avait besoin de deux notaires, mais qu'un troisième serait parfaitement inutile. Il n'y eut plus dès lors que deux études, celle de M. Xavier Louvet, et celle de M. Jacques-Marie Vîollette,
A Jacques-Marie VioUette décédé en iSiS, succéda Jacques-François-Joseph VioUette. Les deux notaires étant parents s'arrangèrent. M. Louvet vendit sa charge à M. Jacques VioUette, et, en mars 1837, eut lieu la réunion des deux études : Jacques François VioUette et Xavier Louvet se retirèrent du notariat en faveur de M. Georges-Emile VioUette.
M. Jacques-François VioUette mourut célibataire, le Il septembre de la même année 1837. M. Xavier Louvet
La Commune 613
mourut, notaire honoraire, le 7 décembre 1844, âgé de 81 ans. Il avait épousé Marie -Françoise- Elisabeth Viollette. Sa mère, Marie-Anne-Augustine Poussart, épousa en secondes noces M. Norbert Viollette, auquel elle survécut encore.
Notaire unique, M. Emile Viollette resta en charge depuis 1837 jusqu'au 7 juin 1872. Il mourut notaire honoraire et célibataire, le 14 septembre 1879.
Le notaire actuel est M. Charles-Joseph WauJIe^ époux de dame Sophie Desmons.
616 FnsiisiN