‹ Fressin; histoire, archéologie, statistiqueChapitre 5 sur 136 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Origines et Hypothèses

Fressin {Fressinium) a une origine fort ancienne. Ce nom est mentionné dans un acte de l'an 673, au temps du roi franc Thierry P^.

Fressin est encore nommé dans deux actes du règne de Charleniagne.

Le 10 juin 788, Hardrad, abbé de Sithiu, acheta cent sols, d'une noble dame appelée Sigeberte, une terre sise à Fressin. Dans cet acte, Fressin s'écrit Fns ingehem . Fres inga h e m .

Voici cet acte, tel que Ta publié M. Henri de Laplane, d'après le cartulaire de Foiquin (i) :

QUOD ET FRKSINGEHEM EMERIT, Emit et a lia m terrain solidis C, no mine Fresingehem, a q H ad a m mu lier e, nom in e Sigeberte, seeundnm hanc kartam.

EXEMPLAK.

(10 jun. 788).

Domno venerabili in Christo patfi Hardrado, abbati de monasterio Sithiu, atqne emptori.

(l) CartuL Silhienst, édition Gukrakd, pages 3 et 63.

34 Frussin

Ego Sigeberta, venditrix, per hauc epistolam venditionis constat me non imaginario jure, sed propria voluiitate arbitra, vobis vel prœdicti monastcrii Sithiu vendidisse, et ita vendidi, tradidisse, et ita tradidiy hoc est omneni rem port ion is meœ in hoc loco nimcupante Fresingahem, situni in pago taruauense super fluvium Agniona, prœter jornale unum^ quod exinde ad aliam rem reservavi ad integrnm : id est, tam terris, mansis, casticis, œdificiis, campis, silvis, pratis, pascuis, commnniis, perviis et wadriscapis. Omnia et ex omnibus, rem inexquisitam, totum ad integrum^ hoc vobis vel prœdicto monastcrio a die prœ senti vendo, trado atque transfirmo perpetualiter ad possidendum, Unde accepi a vobis de re inonasterii vestri, pro jam dicta re, in pretio taxato vel dato, in qno mihi bene complacuit, hoc est, inter anrum et argentiim, solidos C tantum ita ut ab Jiac die habeatis, teneatis atque possideatis, vel quidquid exinde facere volueritis, habeatis potestatem ad faciendum. Si quis vero, quod futurum esse non credo ; si ego ipse aut ullus de hœredibus ac prohœredibus meis^ vel qualibet alia persona, quœ contra hanc venditionem venire noluerit aut eam infringère prœsumpserit, inferamus vobis vel successoribus vestris, cogente fisco, tanta et alia tanta quantum a vobis accepimus, vel qua?itum ipsa portio tuuc temporis emeliorata valuerit ; et itisuper duplam pecuniam coactus exsolvat, et quod re petit evindicare non valcat ; sed hœc venditio firma permaneat cum stipulatione subnixa,

Actum Sithiu monasterio publiée.

Data in mense junio, die X, anno XX regni Domini nos tri Karoli gloriosi régis.

Signum SiGEBERT/E, quœ hanc venditionem fiert rogavit.

Signjim HiLDEBERTI. Signum Snelgeri. Signum

Les Sbignburs 35

HlLDULFl. Signum Regenhari. Signnin HiLDMARl. SigHuin Madallei . Signum Baini . Signnin GuND- BERTI.

Ego Gerbaldns, diaconus, scripsi et snbscripsi, (i) On trouve encore le nom de Fressîn dans un diplôme de la trente-deuxième année du même règne. M. de Laplane, puis, à sa suite, M. le chanoine Robitaille n'hésitent pas à traduire par Fressin le Frcsingehevi du VHP siècle En outre, il s'agirait, dans l'acte de vente, non d'une femme quelconque, ni simplement < d'une » terre sise à Fressin, mais d'une < noble dame » et de < la terre de Fressin >. Sans doute, un héritage qui comprenait des terres, des manoirs, des châteaux, des forêts, des prés, etc., etc , ne pouvait appartenir qu'à la fille d'un noble franc. Mais la charte ne dit point que Sigeberte fût < la dame > de Fresingehem. A l'exception d'un journal qu'elle se réserve pour une autre destination, elle donne toute sa terre de Fresinc^ehem ; rien de plus. Mais ce Fresingehem est-il bien notre Fressin ? La charte dit qu'il est situé sur le territoire de Thérouanne. Ce ne serait pas une difficulté ; Fressin faisait partie non seulement du diocèse de Thérouanne, mais à\\ pagus tantaneusis proprement dit, lequel avait pour limite la vallée de Créquy jusqu'à la Canche- Le nord de la Créquoise appartenait au pagus bononiensis Mais la charte précise davantage. Ce Fresingehem était sur le fleuve d'Aa. Est-il vraisemblable que le diacre secrétaire ait pris l'Aa pour le nom universel des rivières de la Morinie ? ou bien faut-il croire que notre modeste Planqnette ait porté le même nom que la rivière de Saint-Omer ? Rejeter la traduction donnée par M. de

l) Extrait du Caituîaire de Saint-Berlin

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Laplane n*est pas une solution. Nous ne trouvons, dans l'ancien pagus tarnafiensis, aucune localité qui se rapproche autant de Fressia que Fresingehem. Peut-être la difficulté tirée du nom de la rivière estelle le fait d'une erreur de co[MSCe. 11 ne serait pas surprenant que le moine de Saint Hertin qui trans- -CTÎvit cette charte eût, par \n\ effet de l'habitude, écrit Agniona après le mot fluvitim . Et cette hypothèse devient pour nous presque une certitude, quand nous lisons ailleurs que Fressin était sur le Cavron : Fressiniuui super fluvio Caprin no, in pago taruanensc ^ voyons-nous au cartulaire de Sithiu ( p. 65 ). Notre riviérette a donc porté autrefois le nom de Cavron, ou val-des -chèvres. On comprend que ce nom n'ait point prévalu. Il est naturel qu'on la désigne par le nom du village où elle prend sa source, plutôt que par celui d'un des villages qu'elle ne fait que traverser. Mais, pour le copiste, e|; vu l'aspect extérieur du mot, il est aisé de voir qu'il a pu écrire Agniona pour Capriunu,

Il y a lieu de croire que l'abbaye de Saint-Bertin ne tarda point à se défaire de cette terre par un échange qui l'aura fait passer aux mains des religieux de Saint-Jean-au-Mont-lez-Thérouanne. On sait que ces Religieux possédèrent jusqu'à la Révolution une partie de la seigneurie de Fressin.

Ils nommaient à la cure. Ce droit de collation ne doit-il pas les faire considérer comme nos premiers, nos plus anciens seigneurs ? Nous pensons donc que c'est de leurs biens qu'il est fait mention dans la première charte où il nous soit donné de lire le nom de Fressin.

Toutefois, dès le X*-^ siècle, la principale seigneurie appartient à la noble famille qui l'a possédée jusqu'à nos jours.

Les SEiGNEcns

Devises ;

Armes :

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