‹ Frétillon, ou la Bonne Fille, vaudeville en cinq actesChapitre 4 sur 40 · TOUS TROIS · texte numérisé non relu

TOUS TROIS

Prcudrc ou donner , etc.

Ludovic. Eh ben! v’ià une femme qui me comprend.

CAHILLB.

La fortune est roram’ la jeunesse ,

C’est un beau jour qui doit passer ;

Un bien du ciel. . et la sagesse Est de savoir le dépenser.

J’trouv' plus d'un ingrat sur ma roule ,

Mais qu'importe!... coûte uui coûte,

J’faisun heureux. . ce bonncnt-lh ,

Quelqn'jour , un autre me Prendra.

TOCS TROIS.

Prendre ou donner , etc.

SCENli lit.

Les Mêmes, MARENGO, en habit bourgeois.

M ARENf.o, entrant. Bonjour, tout le monde... bon appétit!...

augusta. Ah! M. Marengo!

marf.ngo. Je vous dérange peut-être ?

Camille. Du tout! du tout! Encore une visite ; il parait que je suis dans mon jour de réception.

rfll.TILl.OK.

MARENGO. Encore un olibrius !

LUDOVIC. Qu’est - ce que c’est que ce monsieur ?

Camille. Un de mes amis, M. Marengo, tin brave soldat qui a fini son teins.

LUDOVIC. Il est bienheureux !

accosta. Approchez, monsieur Maren- 'O ; les vieilles connaissances ne gênent ramais !

CAMILLE. Avei-vous déjeuné?

MARENGO. Non, je n’ai plus faim.

Camille. Ali ! mon Dieu ! est-ce que tous êtes malade?

MvncNGO. Au contraire, je crève de santé ; mais il est des tenu où l’estomac ne fait pas ses fonctions.

accosta. Allons , allons , mettez-vous là , je vais vous servir.

LUDOVIC. Voulez-vous du fromage?

Camille. Asseyez-vous donc.

rttt u mo, i’asteyant. Merci, mademoiselle Présillon *.

lodovic. Hein? comment qu’il vous appelle?

marengo. Mademoiselle Fréthlon. ( A pari.) Qu’est-ce qu’il a donc, ce pékin-là?

Ludovic. Frétillon ! est-ce que c’est votre nom de famille ou votre nom de baptême ?

Camille. Non, c’est un petit nom d'amitié que son régiment m’avait donné.

Ludovic. Tiens! est-ce que vous avez servi ?

Camille. Eh non ! est-il bête ! c’est quaud je demeurais en face de la caserne ; c’était à qui serait de faction à la porte , pour me voir plus long-teins à ma croisée ; je ne sortais pas de fois qu’on ne me portât les armes ; et la musique en rentrant à la tête du régiment ne manquait jamais de me régaler de sa plus jolie fanfare; il n'y avait pas jusqu’à ces imbécillesde tambours qui battaient aux champs à me fendre la tête !

Am du Carnaval.

Lors Frétillon fut le nom de baptême.

Dont au quartier gui ment on m appela ;

Et Marengo, cet autre nom que j airac,

Comme le mien date de ce tenu-lit.

A ces deux noms d'amour et «le victoire ,

Dans la caserne on devait s'attendrir;

Car si le sien rappelait une gloire ,

Le mien , toujours , rappelait nn plaisir.

MARENGO, la bouche pleine. Dam ! tous étiez zi gentille ! si bonne ! souriant à tout le monde.

LUDOVIC. Pour un estomac qui ne fait pas scs fonctions , il a une mâchoire qui ne travaille pas trop mal , le soldat.

augusta. Buvez donc un coup, mon-

sieur Marengo.

marengo. Merci ! il est des tems où le gosier n’est pas avide d’être humecté.

Ludovic. C’est ça , comme l’estomac de tout-â-l’heure ; farceur de soldat, va 1

Camille. Ah! c’est égal, vous ne refuserez pas de boire à ma santé.

MAnENGO, tendant son verre. Ceci équivaut au commandement de porter armes !

pour vous obéir , purement et simplement !... (/ iprès avoir bu.) Et de rechef.

(Il tend son verre)

AUGUSTA. Décidément , monsieur Marengo, vous avez pris voire retraite?

marengo. J’ai fait mou teins, et comme mon sabre se rouillait dans le fourreau , j’ai fait demi-tour à droite , et je suis rentré dans la vie civilisée.

CAMILLE. Et vous avez bien fait.

(Marengo se sert encore à boire.)

LUDOVIC. Vous serviez dans les pompiers ?. . .

marengo , après acoir bu. Troisième de ligne... grenadier... mais il y a un autre régiment où c’quc je voudrais servir sous le commandement d’un aimable capitaine.

Ludovic. C’est comme moi... et ça me fait penser que I»î. le inaire attend l’honneur de ma visite Dieu ! que c’est

vexant !

(Il «c lève.)

CAMILLE*, se levant aussi. Moi , j’ai de l’ouvrage à reporter.... Je vous laisse avec Augusta... (Bas.') Dis donc , il va te faire sa déclaration. ( Haut . ) Voulez-vous me donner votre bras , monsieur Ludovic ?

Ludovic Avec ravissement , mademoiselle... mademoiselle Frétillon.

Camille. Eh bien! va pour Frétillon !...

Adieu , monsieur Marengo... je reviens bientôt.

LUDOVIC et C1XILLS

Air des Gascons.

Est-il heureux qu'on Tlaissr , ainsi , Arec un' belle Demoiselle !

Est-il heureux qn'on l'iaisse ainsi , Hein! quelle campagne pour lui!

MAfttKCO.

Ça m’est bien égal *

CAMILLE

C’est dommage l

LUDOVIC

Laisses donc !... c’est coram’ l'appétit 11 n’en avait pas , il l'a dit...

Hais il ne reste plus dïromage! v

(J/g rlmt.y

* Camille Ludovic, Angoita, Marengo

Angu.lt , Marengo , Camille, Ludovic.

ENSEMBLE

CAMILLE et LUDOVIC.

Est-il heureux , etc.

MAftXVGO.

Ça m'est égal qu'on m'iaiwc ainsi

Téle-è-téte avec une belle...

J'aime mieux qu'elle ,

Dieu merci !

AUGUSTA

Qu* a-t-elle donc à rire ainsi ?

Mieux qu'elle ,

, Et sans être infidèle ,

Je ne trahis personne ici ,

Je puis bien l’aimer , Dieu merci !

( Camille et Ludovic sortent.)

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